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Pédophilie dans le sport, le revers de la médaille

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De Brest à Colmar en passant par Lyon, Montauban ou Clamart, après huit mois d’enquête dans le milieu sportif, les journalistes Mathieu Martiniere et Daphné Gastaldi ont recensé 77 affaires marquées par des dysfonctionnements graves. Ces affaires concernent 28 disciplines et ont fait au moins 276 victimes, la plupart mineures de moins de 15 ans au moment des faits.

Cette plongée inédite dans le monde fermé des clubs amateurs et professionnels démontre la faillite de tout un système, des associations sportives aux fédérations jusqu’au ministère des Sports. Cette vaste enquête journalistique pointe la « faillite de tout un système ». La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, est elle-même épinglée pour ne pas avoir lancé d’enquête administrative dans son club de natation, à Clamart, où un entraîneur est accusé d’agression sexuelle… La ministre, qui se veut pourtant en pointe sur ces questions de violences sexuelles dans le sport avait dénoncé « une omerta », deux mois après sa prise de fonction, a indiqué ne pas avoir lancé d’enquête administrative : « Je ne pense pas, moi, en tant que parent, qu’il y a lieu aujourd’hui d’ouvrir une enquête sur ce club, je trouve qu’il fonctionne bien », répond l’ancienne championne de natation dans l’Equipe. Le ministère a ensuite précisé à Disclose qu’une enquête administrative avait été lancée en 2018, avant sa prise de fonction au ministère, sur le club de Clamart « concernant des faits potentiels d’agressions sexuelles », en parallèle de l’enquête judiciaire contre l’entraîneur. Le ministère a ajouté que l’entraîneur faisait l’objet d’une interdiction d’exercer auprès des mineurs dès 2017.
Au moins 276 victimes, des enfants âgés de moins de 15 ans au moment des faits, sont recensées révélant des « dysfonctionnements majeurs » dans 77 affaires de pédophilie dans le monde du sport depuis 1970, de graves manquements à différents échelons – fédérations, clubs, collectivités locales, État, justice où près d’une affaire d’infractions sexuelles sur deux est un cas de récidive. Cette enquête pointe notamment le « vide juridique et administratif source de sérieux problèmes de récidive » entourant les 3,5 millions de bénévoles dans le sport amateur, pour lesquels la vérification du casier judiciaire ou l’examen du Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes ne sont pas obligatoires.

Autre donnée inquiétante : dans 59 des 77 affaires, « l’agresseur a soit poursuivi son activité malgré une procédure judiciaire en cours, soit retrouvé un poste dans le milieu sportif après une condamnation pour une infraction à caractère sexuel ».

L’absence de signalement aux autorités (18 affaires), le soutien à l’agresseur souvent accompagné « d’un mépris pour la parole des victimes, voire de tentatives d’intimidation », ou encore la négligence de signaux forts sont également mis en avant comme failles.

Enfin, Disclose souligne que la mobilité géographique des agresseurs d’une région ou d’un club à un autre, leur permet de passer sous le radar. Un phénomène qui concerne un quart des 77 cas.

« Football, gymnastique, équitation, athlétisme mais aussi tir à l’arc, roller ou échecs… 28 disciplines sportives sont concernées »

Pédophilie dans le sport, le scandale, partie 1

Des rêves de podium brisés. De jeunes athlètes murés dans le silence. Des enfants traumatisés, n’osant plus courir, nager ou combattre. Des centaines de victimes démunies face à l’omerta, au déni et à l’ignorance de la grande famille du sport.

Pendant huit mois, Disclose a enquêté sur les violences sexuelles en milieu sportif. Cette plongée inédite dans le monde fermé des clubs amateurs et professionnels démontre la faillite de tout un système, des associations sportives aux fédérations, jusqu’aux services de l’Etat.

De 1970 à nos jours, notre enquête révèle que soixante-dix-sept affaires ont été marquées par des dysfonctionnements majeurs. Football, gymnastique, équitation, athlétisme mais aussi tir à l’arc, roller ou échecs… 28 disciplines sportives sont concernées. Ces drames ont fait au moins 276 victimes en milieu sportif, pour la plupart des enfants âgés de moins de 15 ans au moment des faits.

Les 77 cas

Pour dresser cette cartographie, Disclose est allé à la rencontre de centaines de victimes et témoins partout en France. Ces témoignages rares et souvent inédits ont été recoupés avec des pièces judiciaires, des documents internes et des articles de presse, puis compilés dans une base de données établie par nos soins. Ils révèlent de graves manquements, tant au niveau des fédérations et des clubs, qu’à l’échelle des collectivités locales, de l’Etat ou de la justice. Parmi les failles mises au jour : l’absence de contrôle des éducateurs bénévoles, le maintien en poste d’encadrants sous le coup d’une procédure judiciaire ou déjà condamnés, le défaut de suivi socio-judiciaire et l’inaction de dirigeants ayant choisi d’étouffer le scandale plutôt que défendre l’intégrité de leurs licenciés. Au mépris des lois françaises.

Dans près d’un quart des cas recensés, des personnes ou des institutions ont été alertées de faits précis sans en informer la justice, comme l’exige pourtant la loi. Dans la majorité des cas, les responsables de cette omerta n’ont pas été inquiétés pour avoir couvert des infractions à caractère sexuel.

Le fléau des entraîneurs récidivistes, partie 2

Près de la moitié des agresseurs recensés par Disclose ont commis une nouvelle infraction à caractère sexuel malgré une condamnation pour des faits similaires. Des failles judiciaires et administratives sont à l’origine du désastre.

Des agresseurs qui restent en poste, partie 3

Dans de nombreux cas, des hommes condamnés ou poursuivis pour des violences sexuelles ont continué à encadrer de jeunes sportifs. Grâce au soutien de dirigeants ou en changeant tout simplement de club.

Le silence coupable des autorités, partie 4

Clubs, ligues, fédérations, dirigeants sportifs… Les instances ont souvent cherché à étouffer des cas de violences sexuelles dans le sport ou n’ont pas alerté la justice, comme l’exige la loi. Dans une affaire récente, la ministre des Sports est elle-même accusée de négligence.

Les pistes pour réparer les failles, partie 5

Le nombre et la récurrence des violences sexuelles contre de jeunes sportifs appellent des mesures urgentes.

  1. UNE AUTORITÉ INDÉPENDANTE POUR ACCOMPAGNER LES VICTIMES DE VIOLENCES SEXUELLES DANS LE SPORT
  2. MIEUX VÉRIFIER LES ANTÉCÉDENTS JUDICIAIRES
  3. RAPPELER L’OBLIGATION DE DÉNONCER
  4. GÉNÉRALISER LA DÉCLARATION D’HONORABILITÉ ET INFORMER SUR LE CODE DU SPORT
  5. RENFORCER LE FICHIER JUDICIAIRE DES AUTEURS D’INFRACTIONS SEXUELLES OU VIOLENTES (FIJAISV)
  6. REPENSER L’INTERDICTION D’EXERCER AUPRÈS DE MINEURS
  7. DONNER DES MOYENS AU SUIVI JUDICIAIRE
  8. METTRE EN PLACE DES GESTES DE PRÉVENTION
  9. SENSIBILISER PLUS EFFICACEMENT LES INSTANCES SPORTIVES
  10. APPRENDRE DE NOS VOISINS

L’intégralité du dossier dévoilé par Disclose, le 11 décembre 2019 : Pédophilie dans le sport, le revers de la médaille

“L’Enquête” d’Envoyé Spécial, Pédophilie dans le sport, l’omerta, diffusée le 12 décembre 2019 sur France 2, début du reportage à 00:33:13

Pendant huit mois, “Envoyé spécial” et Disclose ont enquêté sur la pédophilie et les violences sexuelles dans le sport. Cette plongée inédite dans le monde fermé des clubs amateurs et professionnels révèle la faillite de tout un système, des associations sportives aux fédérations, et jusqu’aux services de l’Etat. Un système dont les failles judiciaires et administratives encouragent parfois la récidive et le maintien en poste d’éducateurs sportifs sous le coup d’une procédure judiciaire ou déjà condamnés pour des viols ou des agressions sexuelles.

Des dysfonctionnements majeurs qui existent partout en France : football, gymnastique, équitation, athlétisme mais aussi tir à l’arc, roller ou échecs… Tous les sports sont concernés. Les faits s’étendent des années 1970 à nos jours, mais la majorité des cas sont récents et se déroulent après 2000. Des drames qui ont fait 276 victimes en milieu sportif, pour la plupart mineures de moins de 15 ans au moment des faits, dans 28 disciplines sportives différentes.

Dix médias nationaux et locaux se sont associés pour la sortie coordonnée de cette enquête : “Envoyé spécial”, L’Equipe, Mediapart, Le Télégramme, Brut, Binge Audio, La Revue dessinée, Rue 89 (à Lyon, Bordeaux et Strasbourg).

Un reportage de Wandrille Lanos, Mathieu Martinière, Olivier Broutin, Raoul Seigneur, Daphné Gastaldi avec Disclose.

Sylvie FOURCADE

Special Restored Republic via a GCR Report as of Dec. 12, 2019

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