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France, du maintien de l’ordre à la répression…

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Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, le 17 novembre 2018, la gestion du maintien de l’ordre a créé de nombreuses polémiques. Comment le maintien de l’ordre en France a-t-il évolué en seulement un an et demi ?

“On ne se rend pas compte, mais il ya dix ans YouTube n’existait pas, Twitter n’existait pas Facebook n’existait pas, 10/15 ans évidemment que ça bouleverse tous…”

Le fait que beaucoup de Français de tous bords sont dans la rue, ils se disent de plus en plus “ça peut m’arriver à moi aussi”… l’opinion publique prend conscience de ces violences policières systémiques… Pour bien comprendre, il faut remonter au milieu des années 80, le 6 décembre 986 un jeune étudiant Malik Oussekine (1964/1986) meurt d’un arrêt cardiaque sous les coups extrêmement violents de 3 policiers.

Pendant des années le modèle français était de montrer sa force pour ne pas s’en servir, c’était contenir la foule, la contenir à distance et on peut le dire la France était plutôt bonne dans ce domaine. Avec l’arrivée des Gilets Jaunes il y a un changement de donne puisqu’il n’y a pas de chef, c’est un mouvement vertical… les forces de l’ordre non plus d’interlocuteur comme c’était le cas avec les organisations syndicales et il y a de grandes violences, de la tension et de la colère au sein de ces manifestations… Ce qui est marquant sur les premières semaines, c’est voir des forces de l’ordre dépassées, en sous-effectif et qui ne savent pas trop quoi faire face à ce mouvement… Très rapidement, on remarque c’est toutes les forces de l’ordre qui sont mobilisées et pas que celles qui sont normalement destinées sur maintien de l’ordre. On trouve des policiers qui ne sont pas du tout formés notamment la BAC, les brigades anti criminalité qui ont été créés pour intervenir dans les quartiers populaires sont exportées dans le maintien de l’ordre c’est-à-dire qu’ils sont intervenus dans les manifestations avec l’expérience qu’ils avaient acquise dans les quartiers populaires. On assiste finalement à une extension du domaine de la violence policière des quartiers populaires vers les manifestations avec l’ usage de ces armes dites intermédiaires comme les LBD40, les grenades et avec ses armes il y a énormément de dégâts. C’est notamment à partir de ce moment là qu’on remarque au fur et à mesure des manifestations, la multiplication des blessés, des mutilés…

Si aujourd’hui, on en parle de ces violences, c’est parce que les manifestations sont désormais filmées sous tous les angles, en direct ou rediffusées sur internet. Ça bouleverse, mais cela ne veut pas dire qu’avant il n’y avait pas de violence policière, non, ça veut dire qu’avant, elles n’étaient pas diffusées en aujourd’hui elles sont diffusées grâce au téléphone portable, à la présence de journalistes indépendants. L’avantage, c’est qu’on en direct tout du long de la manifestation, du début à la fin… Les Français commencent à s’interroger sur le maintien de l’ordre dans le pays, mais c’est la mort d’un jeune nantais dans le contexte festif de la la fête de la musique, qui va faire prendre conscience à l’opinion publique qu’il ya un problème avec la doctrine policière actuelle. Une chaîne humaine face à la Loire à l’endroit où Steve avait disparu est l’aboutissement d’un maintien de l’ordre en roue libre puisque là a priori les forces de police en présence : les BACs, les compagnies d’intervention c’est plutôt des policiers qui sont formés à l’anti-émeute, pas du tout au maintien de l’ordre.

La mort de Steve rappelle évidemment celle de Malik Oussekine et ces disparitions deviennent des enjeux politiques, car elles font système dès lors qu’elles sont suffisamment nombreuses pour considérer comme des bavures ou des dérapages. Le gouvernement n’a plus vraiment le choix, il doit réagir
il ya une enquête qui a été déclenchée, mais au final, il n’y a pas de lien entre la charge de police et le fait que des personnes aient plongé dans la Loire. À partir de ce moment-là, il y a une crise qui s’instaure entre une partie de la population, la police, le politique…

Aujourd’hui clairement la police française et le gouvernement se cherchent sur la question du maintien de l’ordre quand un policier commet une violence est ce qu’il est responsable individuellement ou est-ce aussi une responsabilité de l’état des autorités, de sa hiérarchie qui ne lui a pas donné les moyens, qui ne lui a pas donné la formation nécessaire

Le maintien de l’ordre à la française, c’est quelque chose qui a existé, mais qui a été pulvérisé sous nos yeux, mois après mois, semaine après semaine et aujourd’hui on reparle constamment du maintien de l’ordre à la française, mais en fait ce n’est qu’un souvenir!

Sylvie FOURCADE

ZAP/POOFness Report: “Money For Nothing” — February 23, 2020

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