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Update 7 mars 2020… Comment expliquer la multiplication des mouvements sociaux, économiques ou politiques dans le monde ? L’année 2019 est-elle l’annonce d’un soulèvement planétaire ?
Des révoltes parfois différentes, mais souvent similaires ou qui cultivent les similitudes, les symboles et les messages communs, l’alliance de la classe moyenne aux classes populaires, la solidarité internationale, une culture universelle… Apprendre à Beyrouth que le peuple se soulève au Chili, au Chili qu’il se lève en Équateur rend aussi la contestation légitime. Et qu’elle est possible puisque d’autres le font. Avec la mobilisation sur les réseaux sociaux, l’absence de leader, hormis en Catalogne, toutes ces insurrections visent au final un objectif commun : la dénonciation des inégalités, la demande de démocratie, le rejet des élites et une classe politique qui tentent d’asservir totalement les peuples avec son objectif de Nouvel Ordre Mondial !
L’étincelle qui déclenche la colère peut sembler dérisoire, la goutte d’eau qui fait déborder le vase comme la hausse du prix du carburant en France, des tickets de métro au Chili ou la taxe sur les appels WhatsApp au Liban… mais elle est révélatrice d’un malaise plus profond. Nous le subissons aussi depuis quelques années, le temps devient de plus en plus court et la réactivité est de plus en plus vive. La globalisation est un formidable facteur de contraction du temps et de l’espace, et les réseaux sociaux sont un facteur de concentration et de réactivité. Avec la mondialisation et la crise financière 2007/2009, les inégalités ont augmenté simultanément de manière encore plus visible. Ces faits sont perçus par des populations de plus en plus éduquées et informées. Il y a un double effet comme la forte pastille rafraîchissante : les inégalités augmentent et cette réalité est de plus en plus connue et perçue par tous. Il y a aussi une véritable demande de démocratie dans ces révoltes. Nous assistons, à chaque fois, à l’expression de la souveraineté populaire, qui est à la base de la démocratie. Le nombre de drapeaux nationaux désormais dans les rues envoie également un message clair à des dirigeants incapables de prendre en compte les revendications de leur peuple et de sortir de l’impasse, car ils ne pensent qu’à eux-mêmes, à la conservation du pouvoir.
« L’Internet présente une menace pour ceux qui savent et qui décident, parce qu’il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique » Jacques Attali (économiste français, né à Alger, pro Nouvel Ordre Mondial), Libération, 5 mai 2000

De l’Iran à Hong Kong, le monde devient ingouvernable ! La tendance politique dominante de l’année écoulée (2019) a été les soulèvements populaires qui secouent les institutions dirigeantes. Dans la plupart des endroits, les causes des manifestations sont une détérioration de la situation économique. Mais ce n’est pas le seul facteur. À Hong Kong, en Espagne, en Bolivie et dans tout le Moyen-Orient, les manifestants visent le système politique. Parce que les contextes et les causes des manifestations sont divers, il est difficile de les subsumer sous la rubrique d’un mouvement politique mondial. Certes, les manifestations n’ont pas de direction commune ni d’idéologie unificatrice. Pourtant, ils reflètent les uns les autres une urgence révolutionnaire et copient des modes de fonctionnement.

Update 21 novembre 2019, des révoltes se produisent partout actuellement, c’est simplement un signe que quelque chose ne va pas. “Les peuples ne devraient pas avoir peur de leurs gouvernements, ce sont les gouvernements qui devraient avoir peur de leurs peuples !” Les actions désespérées de Deep State (État profond) sont visibles aux quatre coins du monde par leur violence. Si une protestation n’est pas contre l’État profond, il s’agit sûrement de ce cas de s’emparer de ressources par le biais de protocoles de changement de régime impliquant la classe supérieure et l’armée, histoire de maintenir à flot le système élitiste !

«Droits de l’homme pour la région Asie-Pacifique, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 29 janvier 2020.
Ce fut une année de répression, mais aussi de résistance. Le gouvernement chinois a réprimé avec une force renouvelée les libertés promises au peuple de Hong Kong en vertu de la cession du territoire en 1997. Dans les rues, ces libertés ont été défendues avec la plus grande précaution contre toute attente. Mois après mois, face aux méthodes abusives de la police – y compris d’innombrables volées de gaz lacrymogène, arrestations arbitraires, agressions physiques, abus en détention – des millions de personnes ont montré leur détermination, exigeant la responsabilité et insistant sur leurs droits fondamentaux à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

«Droits de l’homme en Sri Lanka, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 30 janvier 2020, “Pour les victimes du conflit qui dure depuis des décennies au Sri Lanka, il n’y a eu que peu de progrès sur les disparitions et aucune responsabilité pour les autres crimes” :

  1. La sécurité craint les libertés
  2. Restrictions indues aux libertés
  3. Avances limitées sur la justice transitionnelle

«Droits de l’homme au Bangladesh, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 30 janvier 2020, “Les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ont été de plus en plus restreints par des lois draconiennes qui réduisent activement l’espace de la dissidence. Des personnes ont continué d’être harcelées et arrêtées pour avoir dénoncé” :

  1. Raccourcir l’espace pour la dissidence
  2. Violence et exécutions extrajudiciaires
  3. Les Rohingyas

«Droits de l’homme au Népal, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 30 janvier 2020, “Des journalistes ont été arrêtés simplement pour avoir fait leur travail, des chanteurs ont été emprisonnés uniquement pour le contenu de leurs chansons, et la société civile a subi des pressions accrues” :

  1. La liberté d’expression menacée
  2. La justice transitionnelle au point mort
  3. Les travailleurs migrants toujours exploités

«Droits de l’homme aux Maldives, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 30 janvier 2020, “Promesses au point mort de respecter les droits de l’homme, le nouveau gouvernement des Maldives devait marquer une rupture avec le passé répressif du pays” :

  1. Les conditions de détention restent inhumaines
  2. Bilan mitigé sur les engagements en matière de Droits de l’homme
  3. Des défenseurs des droits humains agressés

«Droits de l’homme au Pakistan, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 30 janvier 2020, “la répression des droits de l’homme s’intensifie” :

  1. Les disparitions forcées se poursuivent en toute impunité
  2. Les libertés menacées
  3. Le changement climatique à l’honneur

«Droits de l’homme en Afghanistan, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 30 janvier 2020, “Le conflit armé en Afghanistan ne s’achève pas, il s’élargit et les personnes qui continuent de payer le prix sont des civils afghans” :

  1. Le conflit le plus meurtrier au monde pour les enfants
  2. Des défenseurs des droits humains menacés
  3. Retours forcés

«Droits de l’homme en Birmanie, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 30 janvier 2020, concernant :

  1. Conflit armé interne
  2. La situation des Rohingyas
  3. Personnes déplacées et accès à l’aide humanitaire
  4. Liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique
  5. Impunité
  6. Surveillance internationale

«Droits de l’homme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 18 février 2020, concernant :

  1. Mouvements de protestation
  2. Liberté d’expression
  3. Systèmes judiciaires
  4. Conflits armés
  5. Personnes réfugiées ou déplacées
  6. Travailleuses et travailleurs migrants
  7. Droits des femmes et des filles
  8. Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes

«Droits de l’homme en Iran, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International publié le 18 février 2020, concernant :

  • Liberté d’expression, d’association et de réunion
  • Avocats des Droits de l’Homme
  • Militants écologistes
  • Travailleurs dans les médias
  • Dissidents politiques
  • Droits des femmes
  • Discrimination contre les minorités ethniques
  • Liberté de religion et de conviction
  • Torture et autres mauvais traitements
  • Peine de mort
  • Procès inéquitables
  • Crimes contre l’humanité en cours

«Droits de l’Homme dans les Amériques, bilan de 2019», rapport annuel d’Amnesty International pour les Amériques du Nord et du Sud, publié le 27 février 2020. L’inégalité, la corruption, la violence, la dégradation de l’environnement, l’impunité et l’affaiblissement des institutions sont restés une réalité commune à travers les Amériques, entraînant des violations quotidiennes des Droits de l’Homme pour des millions de personnes. Plusieurs pays de la région ont été ébranlés par des manifestations massives en 2019 alors que les gens descendaient dans la rue pour exiger la responsabilité et le respect de leurs droits humains. La plupart des gouvernements ont répondu à ces protestations, à quelques exceptions près, par la répression et le recours excessif à la force pour tenter de faire taire les exigences d’une plus grande justice sociale. Au lieu de mettre en place des mécanismes pour promouvoir le dialogue et répondre aux préoccupations des populations, les autorités ont eu recours à la violence dans la police des manifestations et, dans certains cas, ont intensifié la militarisation des opérations d’ordre public :

  1. Réclamations, répression et militarisation
  2. Accès à la justice et lutte pour mettre fin à l’impunité
  3. Défenseurs des Droits de l’Homme
  4. Droits des femmes et des filles
  5. Droits sexuels et reproductifs
  6. Droits des peuples autochtones
  7. Crise climatique
  8. Personnes déplacées

En attente des rapports annuels 2019 d’Amnesty International pour l’Europe, l’Afrique du Sud…

Afrique du Sud : Des milliers de femmes sud-africaines sont descendues dans la rue jeudi 5 septembre 2019, pour protester contre l’échec du gouvernement à faire face à la montée de la violence à l’égard des femmes à la suite d’une série d’attaques brutales qui ont secoué le pays. Au moins 137 infractions sexuelles sont commises chaque jour en Afrique du Sud, principalement à l’encontre de femmes, selon les chiffres officiels.
Update 27 février 2020 : Alors que le ministre sud-africain des Finances Tito Mboweni se prépare à prononcer son discours sur le budget le 26 février 2020. Des centaines de manifestants sous la bannière de Cry of the Xcluded ont défilé vers le Parlement ainsi que le centre civique pour demander au gouvernement de faire face à la crise du chômage, mais également du changement climatique et des droits des femmes.

Argentine : Dans un pays en crise, où un tiers de la population ne mange pas à sa faim, beaucoup veulent se débarrasser du chef de l’État, Mauricio Macri, lors de la présidentielle de ce dimanche 27 octobre 2019. Alberto Fernández est élu au 1er tour avec 48,24 % des voix, contre 40,28 % pour Mauricio Macri, il entre en fonction le 10 décembre 2019. Les Argentins ont réussi à expulser Macri de ses fonctions aux élections présidentielles et installé le centre-gauche Alberto Fernandez qui a gagné en unissant le puissant mouvement Peronismo.
Update 7 mars 2020 : Le président Fernandez tente de tuer le dragon argentin de l’inflation. Le taux de change officiel était passé de 12 pesos à 1 dollar fin 2015, à 61 aujourd’hui. Sur le marché noir, il faut actuellement 78 pesos pour acheter 1$. La nouvelle administration a adopté une série de mesures pour soulager les citoyens en difficulté. Peu de temps après son entrée en fonction, Fernandez a mis en œuvre des mesures pour soulager les Argentins en difficulté. Mais les résultats sont mitigés. Alors que les chiffres les plus récents montrent que l’inflation ralentit dans l’ensemble -2,3% en janvier, contre 3,7% le mois précédent, le prix des denrées alimentaires a doublé.

Algérie : Le 16 février 2019 signe la naissance du soulèvement du peuple en Algérie, appelé Révolution du Sourire. La première manifestation d’ampleur a lieu à Kherrata, à l’extrémité est de la wilaya de Béjaïa, à la suite de la publication d’affiches annonçant l’événement en ville et aux alentours. À Khenchela, le 19 février, un poster géant du président de la République est arraché et piétiné, tout comme d’autres portraits, le 21 février à Annaba. Ceux-ci sont saccagés en réaction au culte de la personnalité dont les représentations du chef de l’État faisaient l’objet ces dernières années. Des rassemblements de plus grande ampleur interviennent à partir du 22 février 2019 dans les principales villes du pays, à la suite d’appels anonymes relayés sur les réseaux sociaux. Les manifestants protestent dans un premier temps contre la candidature d’Abdelaliz Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel. Finalement c’est un départ de tous les dignitaires du régime qui est demandé. Malgré la démission du Président le 2 avril 2019, remplacé en intérim par Abdelkader Bensalah, les rues algériennes ne désemplissent pas. Des millions de personnes, réclamant la chute du régime, marchent essentiellement, chaque mardi et vendredi. Huit mois après le début des contestations, la situation est inquiétante, la répression s’intensifie, notamment après ceux qui brandissent le drapeau berbère dans les marchés. De nombreuses arrestations pour ce simple fait sont à dénoncer. Sont à noter de nombreuses arrestations d’opposants politiques, de journalistes, d’activistes. L’armée, elle tente d’empêcher les accès à Alger, empêchant les manifestants de la région d’accéder à la manifestation. Cette tentative de paralysie du mouvement semble vaine.
Update 12 décembre 2019 : Après pratiquement dix mois d’une contestation populaire massive et inédite, les Algériens ont commencé à voter, jeudi 12 décembre, afin d’élire un successeur au président qui avait démissionné le 2 avril après 20 ans au pouvoir. Les cinq candidats en lice sont : Abdelmajid Tebboune, Ali Benflis, Azzedine Mihoubi, Abdelaziz Belaïd et Abdelkader Bengrina. Le vote pour la présidentielle contestée en Algérie est très perturbé, voire à l’arrêt, jeudi 12 décembre, dans plusieurs villes de Kabylie. À Alger, une dizaine de milliers de militants manifestent contre ce scrutin, massivement rejeté par le mouvement populaire de contestation du régime qui agite le pays. Le vote a été suspendu dans un bureau de la capitale après l’intrusion de manifestants.
Update 9 février 2020 : Ce 51e vendredi, ce 7 février 2020, de fortes mobilisations intervient à deux semaines du 1er anniversaire de cette révolution pacifique qui, un 22 février 2019, avait fait sortir dans toutes les villes du pays des millions d’Algériens pour faire tomber Abdelaziz Bouteflika après ses vingt ans de règne. Près de deux mois après l’élection d’Abdelmadjid Tebboune, le pays vit encore dans une impasse politique qui aggrave la crise économique, et ce malgré l’installation d’un gouvernement qui se veut réformiste. Tous les indicateurs économiques sont dans le rouge. L’érosion des réserves de change, la stagnation de l’activité, la dégringolade du dinar face aux principales devises, les déséquilibres budgétaires et la baisse des prix du pétrole sont autant de facteurs économiques qui rendent la tâche du nouveau gouvernement Djerad très difficile.
Update 14 février 2020 : «On n’ira pas au derby, on ira aux manifs», 52e semaine de colère à Alger contre un pouvoir qui recycle les mêmes têtes à l’infini, cela fera un an la semaine prochaine, le jour du derby algérois, ce n’est pas un hasard, d’où l’appel au boycott pour le 1er anniversaire…
Update 7 mars 2020 : Deux semaines se sont écoulées après le premier anniversaire du Hirak, et les Algériens ont de nouveau battu le pavé dans la capitale pour exprimer leur rejet de la classe politique et pour réclamer un véritable changement. Les manifestants de ce 55e vendredi consécutif, à Alger, ont scandé les slogans habituels contre le pouvoir en place : « un État civil et non militaire », «les généraux à la poubelle». Un peu plus d’un an après du déclenchement du mouvement de protestation populaire contre l’ancien président déchu, Abdelaziz Bouteflika qui briguait un cinquième mandat, les manifestants n’ont pas perdu de vue leurs revendications initiales, notamment un changement du paradigme politique et l’avènement d’un État civil et démocratique.

Azerbaïdjan : La police azerbaïdjanaise a arrêté samedi 19 octobre 2019 de nombreux manifestants, dont Ali Karimli, le chef du principal Front populaire, au début d’une manifestation prévue contre les bas salaires, la corruption et le manque de démocratie dans l’ex-État soviétique, riche en énergie. Les manifestants ont des revendications très diverses, notamment des salaires plus élevés pour les employés de l’État et des élections justes et indépendantes dans un pays longtemps accusé par les groupes de défense des droits de l’Homme et les gouvernements occidentaux de manque de transparence. Plus de 80 autres manifestants ont été arrêtés après lui. L’Azerbaïdjan est gouverné par le président Ilham Aliyev depuis 2003, année où il a succédé à son père.
Update 17 février 2020 : Le parti au pouvoir, l’Azerbaïdjan, annonce avoir remporté lundi 10 février 2020 une élection parlementaire anticipée de neuf mois convoquée par le président Ilham Aliyev pour consolider le pouvoir et accélérer les réformes économiques en remplaçant la vieille garde associée à son père. Mais les observateurs internationaux ont constaté des violations de procédure généralisées dans le décompte des voix, qui, selon eux, ont soulevé des doutes quant à l’honnêteté des élections. Jusqu’à présent, la CEC (Central Election Commission) a annulé les résultats dans quatre circonscriptions électorales à la suite de rapports faisant état de violations. La police azerbaïdjanaise a arrêté dimanche 16 février 2020, trois dirigeants de partis d’opposition et plus de 100 militants avant de participer à une manifestation contre les résultats des élections nationales de la semaine précédente.

Belgique : Ils étaient plus d’un millier de manifestants à Bruxelles, le 8 décembre 2018. En Wallonie, région francophone de la Belgique, le mouvement des Gilets jaunes a fait des émules dès le début de la contestation en France. Comme chez leurs voisins, ils revendiquent plus de justice sociale et une revalorisation du pouvoir d’achat.
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce samedi 20 octobre 2018 à Bruxelles contre toute libération anticipée du célèbre assassin, Marc Dutroux, quelques jours après que les procureurs eurent examiné son cas. Le pédophile et meurtrier condamné, qui aura 63 ans en novembre, a été condamné à une peine d’emprisonnement à perpétuité en 2004 pour avoir enlevé et violé six filles en 1995-1996 et pour la mort de quatre d’entre elles.
Update 2 mars 2020 : à l’appel du Parti du Travail de Belgique (PTB), plusieurs milliers de personnes (10.000 selon le PTB, 5500 selon la police) se sont réunies pour une manifestation “de la Grande colère”, place de l’Albertine à Bruxelles. Une des mesures phare du PTB au cours de cette manifestation est une pension minimum à 1.500 euros net par mois, une division par deux des salaires des ministres et enfin, “un gouvernement”.

Bolivie : L’élection de dimanche 20 octobre 2019 offre aux Boliviens l’occasion d’exprimer leur opposition au gouvernement Morales et de débarrasser le monde d’un dirigeant autoritaire. Depuis début juillet, la forêt de Chiquitano, qui abrite plus de 500 espèces uniques et plus de 100.000 peuples autochtones, est le point d’origine du fleuve Amazone, a perdu plus de 4 millions d’hectares à la suite d’incendies. Et les frustrations des Boliviens à propos du rôle de leur chef dans ces incendies, ainsi que de son régime de plus en plus autoritaire, sont en train de bouillir. Le mécontentement des Boliviens a été canalisé par le biais de « cabildos », manifestations massives et pacifiques reconnues par la constitution bolivienne pour exiger un changement de politique publique. Ces « cabildos » ont demandé l’annulation des lois anti-environnementales de Morales et déclaré la désobéissance civile à l’encontre de la candidature illégale de Morales aux prochaines élections. Des « cabildos » ont eu lieu dans six des neuf principales villes de la Bolivie: Santa Cruz, Tarija, La Paz, Cochabamba, Oruro et Potosí.
Evo Morales a été réélu le 20 octobre pour un quatrième mandat jusqu’en 2025, mais l’opposition a dénoncé une « fraude ». Une vague de contestation a éclaté en Bolivie dès le lendemain du scrutin.
Dix-sept jours après le début des manifestations contre la réélection d’Evo Morales, au moins trois unités de police ont rejoint les manifestants. Le président dénonce un coup d’État « en cours ». Au moins trois unités de police se sont mutinées, dans la ville de Cochabamba (centre) tout d’abord, puis à Sucre (sud, capitale constitutionnelle de la Bolivie) et à Santa Cruz (est), une région riche à l’est du pays et un bastion d’opposition. Des scènes de fraternisation entre policiers et manifestants de l’opposition ont été observées dans la capitale. En plus des mutineries dans ces trois villes, des dizaines de policiers ont défilé vendredi soir (8 novembre 2019) avec des manifestants de l’opposition criant des slogans hostiles à M. Morales sur l’avenue Prado, la principale artère de La Paz.
Update 11 novembre 2019, le chef de l’État, Evo Morales, avait promis ce dimanche 10 novembre 2019 de convoquer une nouvelle élection présidentielle, après la publication d’un rapport de l’Organisation des États américains (OEA), réclamant l’annulation du scrutin contesté du 20 octobre pour cause d’irrégularités. Il avait également annoncé le remplacement des membres de la commission électorale, conformément aux recommandations de l’OEA qui avait recommandé dans un rapport préliminaire, la tenue d’un nouveau scrutin, de « graves » irrégularités ayant entaché celui du 20 octobre. L’OEA avait jugé statistiquement peu probable qu’Evo Morales ait obtenu la marge de 10% nécessaire pour être élu et invitait la Bolivie à se doter de nouvelles autorités électorales avant la tenue d’une nouvelle élection…. Après plusieurs démissions de ministres, le président bolivien annonce qu’il démissionne à son tour après trois semaines de fortes protestations contre sa réélection à un quatrième mandat. « Je renonce à mon poste de président », a déclaré à la télévision le leader indigène de 60 ans, au pouvoir depuis 2006 et dont l’armée et la police venaient de réclamer le départ. En trois semaines, la vague de contestation a fait trois morts et 383 blessés.
Update 14 novembre 2019, un coup d’État acté… mais une situation encore non stabilisée ! Jeanine Áñez, élue seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs en 2015, assure en tant que telle l’intérim à la présidence de l’État à partir du 12 novembre 2019, à la suite de la démission controversée d’Evo Morales, exilé au Mexique.
Update 19 novembre 2019 : Lorsque Jeanine Añez vice-présidente du Sénat et membre de l’opposition, se considère comme étant en 5e position dans la chaîne de succession et s’est proclamée présidente par intérim de la Bolivie. Il y a une semaine, elle a fait deux promesses: pacifier le pays et convoquer des élections le plus rapidement possible. À ce stade, aucune date pour des élections n’a été annoncée. Les violences dans le pays se poursuivent et totalisent 23 morts !
Update 6 mars 2020 : “Le peuple bolivien n’acceptera pas de voir ceux qui ont le privilège de diriger notre destin collectif en utilisant leur pouvoir et les ressources des institutions de l’État … pour changer les règles de la démocratie et en bénéficier.” C’est ce qu’a écrit Samuel Doria Medina, homme d’affaires et homme politique, dans une chronique du 26 janvier 2020. Il faisait référence à Jeanine Áñez, une sénatrice de l’opposition jusque-là obscure qui est devenue en novembre le président intérimaire de la Bolivie. Evo Morales, un homme fort de gauche, a été renversé ce mois-ci par des protestations contre la fraude électorale. À la consternation de nombreux étrangers, Mme Áñez a décidé de se présenter à la nouvelle élection, qui se tiendra le 3 mai 2020. Sa tentative “devrait être interdite”, a écrit M. Doria. Quelques jours plus tard, M. Doria est devenu le colistier de Mme Áñez. La priorité, a-t-il dit, est l’unité pour empêcher le retour du Mouvement vers le socialisme (MAS) de M. Morales et Mme Áñez est la candidate la mieux placée pour y parvenir. Cela montre que le pragmatisme prime sur les opposants de M. Morales. Mais si Mme Áñez triomphe, cela pourrait fournir des munitions supplémentaires à ceux qui prétendent que M. Morales a été victime d’un coup d’État. Et cela peut présager une nouvelle instabilité en Bolivie.

Burkina Faso : Le 29 novembre 2018, quelque 3.000 burkinabés, selon le site d’informations Afriquesur7, se sont réunies à Ouagadougou pour dénoncer l’augmentation du prix du carburant, à l’appel de la coalition nationale de lutte contre la vie chère. La plupart avaient opté pour la chemise rouge à la place du gilet jaune. D’autre part, la recrudescence des attaques terroristes au Burkina Faso a commencé en 2014, à la chute du dictateur Blaise Compaoré. Quatre ans plus tard, en décembre 2018, l’état d’urgence a été institué dans les provinces du nord du pays. Aujourd’hui, les chrétiens sont menacés et vivent dans la peur et les forces de sécurité du Burkina Faso sont dans l’incapacité d’empêcher les attaques terroristes contre les chrétiens qui luttent pour leur survie.
Update 8 mars 2020 : Il y a bien longtemps que les rues de la capitale n’avaient connu une telle mobilisation. Ce 7 mars 2020, Ouagadougou a grondé de colère. À l’appel d’un collectif d’une cinquantaine d’organisations syndicales signataires du préavis de grève du 16 au 20 mars prochain, des milliers de travailleurs ont participé à une marche meeting aux allures de test. En ligne de mire, plusieurs revendications sociales, dont la suppression de l’impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) sur les primes et indemnités.

Canada : quelques milliers de francophones ont manifesté samedi 1er décembre 2018 à travers l’Ontario pour protester contre la décision du gouvernement de cette province, la plus riche et la plus peuplée du Canada, d’annuler la construction d’une première université entièrement en langue française. D’autre part, le mouvement des Gilets jaunes s’étend désormais de l’autre côté de l’Atlantique, au Canada. Un “acte I”, en référence aux événements français, est prévu ce week-end du 12 et 13 janvier 2019 à travers le pays. Le mouvement canadien du gilet jaune va principalement à l’encontre de la Loi fédérale sur les prix de la pollution par les gaz à effet de serre et est favorable aux pipelines. À partir de fin décembre, divers mouvements de protestation portant un gilet jaune ont été observés à travers le pays. Ce mouvement de protestation, connu sous le nom de Yellow Vests Canada, ne poursuit pas les mêmes objectifs que le mouvement français. En janvier 2019, des groupes de manifestants vêtus de gilets jaunes se sont rendus dans au moins 30 villes et villages du Canada.

Centrafrique : Le 10 décembre 2018, une vingtaine de manifestants arborant des gilets jaunes se sont réunis pour dénoncer la remise d’armes par la France à la Centrafrique, à l’occasion de la visite de la ministre des Armées Florence Parly.

Chili : L’état d’urgence a été décrété au Chili et Pinera a instauré le couvre-feu. La révolte se généralise à tout le pays, les dernières images qui nous viennent comme celle d’un péage en feu sont impressionnantes et nous rappellent les Gilets Jaunes. La révolte a commencé à cause de l’augmentation du prix du ticket du métro.
Les manifestants/occupants des gares ont commencé par détruire symboliquement les tourniquets et portes d’entrée des métros il y a quelques jours. Le mouvement qui s’appelle “Evade”, qui veut dire “fraude”, appelle tout le monde à frauder et à ne pas payer. “Evadir! No Pagar!”. Les flics (dit los pacos) ont occupé les gares par la suite pour réprimer les manifestants.
Un ras-le-bol général a été déclenché, car ce qui est en question n’est pas uniquement le prix du ticket de métro, mais le coût de la vie en général. Malgré la suspension de la hausse des prix des tickets de métro, les manifestations continuent à Santiago, ce lundi 21 octobre 2019.
Update 23 octobre 2019, au moins 15 morts depuis le début de la contestation au Chili. Grave dérive totalitaire du président Sebastian Piñera. Le pays est en roue libre avec des assassinats, des séances de torture et d’humiliation des manifestants. Certains messages sur les réseaux sociaux indiquent qu’il pourrait y avoir bien plus de morts que ceux admis par le gouvernement.Un homme indique que des policiers en civil tuent des manifestants et qu’ils sont ensuite brûlés dans des centres commerciaux.
Update 24 octobre 2019, selon la Commission interaméricaine de la Déclaration des droits de l’homme (Declaración Universal de los Derechos Humanos – DDHH), 42 personnes auraient été tuées, 12 femmes violées, 121 disparues et des milliers d’autres torturés jusqu’au mardi 22 octobre 2019. “L’Asociación Colegio Médico de Chile” (AMECH), une faculté de médecine professionnelle, crée en 1948, reconnue à l’international, a appelé la communauté locale et internationale à prendre conscience de la gravité et de l’ampleur de la crise sociale au Chili et à affirmer que les morts et les blessés sont bien plus que ceux reconnus par les autorités gouvernementales. Piñera a annoncé un ensemble de mesures visant notamment à améliorer les retraites, à suspendre l’augmentation de 9,2% de l’électricité, à compléter le salaire minimum, à créer une assurance pour l’achat de médicaments et à imposer des taxes plus élevées aux secteurs à revenus. Cependant, les syndicalistes, regroupant au moins 20 organisations d’ouvriers et d’étudiants, demandent au gouvernement de mettre en place un programme social élaboré avec les organisations de base afin de parvenir enfin à une solution à la crise.
Update 28 octobre 2019, le président Sebastian Pinera a fait face à de nouvelles manifestations lundi 28 octobre 2019 après avoir remplacé huit membres du gouvernement, dont ses ministres de l’Intérieur et des Finances, dans le but de maîtriser la plus grande crise politique depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990. Le Chili, premier producteur mondial de cuivre, est depuis longtemps l’une des économies les plus prospères et les plus stables d’Amérique latine, caractérisée par de faibles niveaux de pauvreté et de chômage. Un sondage Cadem (plateforme d’opinion publique au Chili) publié dimanche a révélé que 80% des Chiliens n’ont pas trouvé les propositions de Pinera adéquates, ce qu’il a reconnu dans son discours de ce lundi.
Update 30 octobre 2019, le journaliste et documentariste Pablo Navarrete, fondateur et coéditeur du magazine Alborada, dont les parents furent torturés dans les camps de concentration sous Pinochet, explique à MintPress News les manifestations qui menacent de renverser l’ordre social, « Le Chili vit un moment incroyable. Le modèle néolibéral imposé à la société chilienne avec une telle brutalité sous Pinochet à partir de 1973 et qui servit de laboratoire pour la droite dans des endroits tels que le Royaume-Uni et les États-Unis a été porté un coup mortel ». Malgré les « niveaux vicieux de répression » exercés par les forces de sécurité, Navarrete a affirmé que son pays avait atteint un « tournant » où « les Chiliens ont perdu leur peur » de l’État. « Il est maintenant essentiel que nous appuyions l’appel du peuple chilien en faveur de la création d’une assemblée constituante, afin qu’il puisse créer une nouvelle constitution démocratique et rejeter l’actuelle constitution imposée sous Pinochet. Il est scandaleux que, près de 30 ans après la fin de la dictature, le Chili ait toujours cette constitution de l’ère Pinochet en place« Les médias traditionnels, tels que CNN, NBC News et The Guardian, ont manifesté beaucoup moins d’intérêt et de solidarité envers le Chili qu’avec Hong Kong. Ils n’ont pas qualifié ces derniers de protestations, mais d'”émeutes”. « Les médias occidentaux et chiliens se sont largement concentrés sur le pillage et les émeutes (qui se produisent) et prétendent que TOUTES les manifestations se déroulent ainsi et c’est complètement faux » Whitney Webb, rédactrice attitrée de MintPress News qui vit au Chili. Navarrete est d’accord et recommande à « ceux qui veulent se tenir au courant des événements en anglais au Chili devront, comme pour la plupart des autres problèmes, se tourner vers des médias indépendants pour rechercher un équilibre, car il y a eu une absence relative de couverture des médias sur l’ampleur du soulèvement et la férocité de la répression du gouvernement ».
Update 21 novembre 2019, Amnesty International a publié un rapport détaillant diverses violations des droits humains commises au Chili depuis le début des manifestations, il y a un mois. 22 personnes tuées, 220 éborgnés, plus de 2.000 blessées, plus de 70 plaintes de violences sexuelles par les forces de l’ordre, 7.000 arrestations… Cependant le gouvernement semble reculer sous la pression populaire. Le président a même reconnu que « des abus ou des délits ont été commis et les droits de tous n’ont pas été respectés », bien que dans le même temps, il ait rejeté les accusations de violence faites par Amnesty International. Si l’heure n’est pas à la victoire non plus, la police a suspendu l’usage de munitions qui étaient controversées, « les balines », balles mi-caoutchouc mi-plomb et autres composants qui ont fait des ravages et des milliers de blessures. Cette désescalade n’a été que le fruit d’une révolte tenace dont la légitimité est l’injustice sociale à laquelle elle fait face.
Update 25 novembre 2019 : l’armée soupçonnée d’avoir tué la manifestante Daniela Carrasco, 36 ans, surnommée “El Mimo”, l’une des figures emblématiques des manifestations. Daniela Carrasco avait été arrêtée par des militaires le 19 octobre, dans les rues de Santiago, lors d’une manifestation. C’est la dernière fois où elle a été vue vivante et a été retrouvée pendue à une clôture, le 20 octobre, dans un parc situé au sud de Santiago. Albertina Martínez Burgos, 38 ans, photographe et reporter chilienne qui couvrait les manifestations au Chili a été retrouvée poignardée, sans vie, chez elle, jeudi 21 novembre. Ses disques durs et toutes ses photos ont disparu. Carolina Muñoz Manguello, une jeune manifestante chilienne a été kidnappée vendredi 22 novembre par les troupes de carabiniers (police militarisée chilienne) de Santiago la forçant violemment à rentrer dans un camion militaire. La famille de la jeune fille n’a aucune nouvelle, et la police dit ne pas la trouver dans ses archives, ce qui ne présage rien de bon…
Update 8 décembre 2019 : Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Santiago, et des heurts ont eu lieu en marge des défilés, au 50e jour d’une mobilisation qui ne faiblit pas dans ce pays traversant la pire crise sociale de ces dernières décennies. Comme chaque vendredi depuis le 18 octobre, premier jour d’un mouvement de protestation au départ provoqué par la hausse du ticket de métro, des milliers de personnes se sont retrouvées en centre-ville…
Update 25 février 2020 : Le Chili a répondu aux manifestations anti-néolibérales par une répression brutale et violente. 10.365 personnes ont été arrêtées; 3.765 soignés pour des blessures dans les hôpitaux; et 2.122 coups de feu, 445 dans l’œil selon une estimation prudente de l’Institut national des droits de l’homme soutenu par l’État.
Update 27 février 2020 : Des centaines de milliers, parfois des millions de manifestants qui sont descendus dans la rue dans les pays des Amériques en 2019 ont été confrontés à une répression violente, les gouvernements utilisant souvent des mesures “au mépris flagrant de leurs obligations en vertu du droit national et international”, a déclaré jeudi 27 février 2020, Amnesty International lors de la publication de son rapport annuel pour la région.
Update 7 mars 2020 : Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées vendredi 6 mars 2020 à Santiago, où les manifestations contre le gouvernement du président conservateur Sebastian Piñera reprennent de la vigueur pour réclamer davantage de justice sociale. De violents affrontements avaient déjà eu lieu dans la nuit de lundi à mardi entre protestataires et forces de l’ordre, avec des commerces pillés et des barricades érigées sur plusieurs avenues de Santiago. Des troubles avaient également eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays. Les autorités chiliennes craignent une escalade de la violence dans les semaines à venir alors que plusieurs manifestations ont été programmées, notamment dimanche 8 mars 2020 à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Plus de 14 millions de Chiliens sont appelés à se prononcer le 26 avril 2020 pour ou contre la rédaction d’une nouvelle Constitution en remplacement de l’actuelle, votée en pleine dictature d’Augusto Pinochet (1973/1990), une revendication forte des manifestants depuis le début de la contestation. La crise sociale, la pire depuis le retour de la démocratie en 1990, a entraîné des protestations, des pillages et des incendies, avec un bilan de 31 morts.

Danemark : Le 28 septembre 2019, des centaines de personnes se sont rassemblées dans les villes danoises de Copenhague, Aarhus, Odense et Helsingør pour protester contre la loi « ghetto » adoptée l’année dernière et qui peut être utilisée pour cibler les minorités ethniques. Ces lois encouragent les démolitions et les saisies forcées, ainsi que la privatisation des logements sociaux dans le pays. Au lendemain de l’adoption de la loi, des plans de démolition ont été formulés dans de nombreuses villes du pays. L’appel à la protestation a été lancé par Almen Modstand (Résistance commune), un mouvement formé pour résister aux lois racistes du ghetto.

Espagne : Depuis la condamnation des dirigeants indépendantistes, c’est toute une constellation de mouvements, allant des anarchistes aux citoyennistes de l’Assemblée nationale catalane (ANC) et d’Òmnium Cultural (association qui œuvre pour la promotion de la langue et de la culture catalanes et pour l’identité nationale de la Catalogne) en passant par la Candidature d’unité populaire (CUP) et son idée de république municipalisée, qui veut l’indépendance de la Catalogne. Vendredi soir, ils et elles étaient un million dans Barcelone à manifester et à tenir tête aux Mossos, la police catalane qui est main dans la main avec la police nationale. La Catalogne est une région traversée par un tissu social de comité de défenses, de centres sociaux, d’organisations auto-gérée et féministes, de villes qui pratiquent le municipalisme au-delà du bla-bla de Podemos. Il y a un vrai terrain plus amical qu’ailleurs pour des pratiques qui sortent du carcan capitaliste même si d’un autre côté il y a une forte présence des partis politiques indépendantistes libéraux et pro-européens.
Update 26 octobre 2019, pour le 13e jour consécutif de protestations, ce 26 octobre 2019, les indépendantistes organisent la plus grande manifestation à Barcelone depuis l’annonce du verdict du procès judiciaire, 350.000 personnes dans les rues, nuit d’émeutes en perspective. Demain les défenseurs de l’unité de l’Espagne manifesteront à leur tour.
Update 24 février 2020 : Troubles publics, dommages à la sécurité routière, attaque contre l’autorité … Ce sont quelques-uns des crimes qui sont attribués à des centaines d’indépendantistes qui sont sortis pour élever la voix contre la condamnation du processus. Quatre mois après les manifestations, les poursuites contre ceux qui ont été identifiés par la police pendant les jours de tension maximale dans la rue ont commencé à s’ouvrir. Au-delà du tableau des manifestations après condamnation, jusqu’à 2 500 personnes ont été “victimes de représailles par le processus”, selon des données rendues publiques en décembre dernier. Ainsi, au cours des deux dernières années, depuis septembre 2017, il y a eu environ 1 500 blessés, près de 300 détenus et des centaines d’enquêtes. En outre, sur les 12 membres du gouvernement Puigdemont-Junqueras, dont 6 incarcérés et 5 exilés, 9 si l’on compte les cas d’Anna Gabriel, Marta Rovira, Valtònyc et Adrià Carrasco. En outre, il faut également compter les cas de Carme Forcadell, ancienne présidente du Parlement, et ceux de Jordi Cuixart et Jordi Sánchez, qui portent le nombre de prisonniers politiques à 9.
Update 25 février 2020 : après trois heures de protestations et de revendications, ce 25 février 2020, les fermiers sévillans ont terminé une journée “historique” dans la campagne de la province avec le retour de tracteurs qui bloquent depuis 11h, quatre des principales voies d’entrée et de sortie à Séville. Des milliers de manifestants, plus de 5.000 tracteurs et 16.000 agriculteurs et éleveurs selon les premières données ont repris le chemin vers 14h et peu à peu les routes coupées pendant la marche de Carmona vers Séville.

États-Unis : Depuis l’élection de Donald Trump, des Antifa s’immiscent un peu partout…

Égypte : Depuis 2013 où le général Sissi a pris le pouvoir par un coup d’État en Égypte. Il n’y avait pas eu de manifestations. Elles étaient même interdites. Ces manifestations de septembre font écho à des appels lancés sur les réseaux sociaux, émanant notamment d’un homme d’affaires égyptien en exil, Mohamed Ali qui accuse Sissi de corruption. Toutes les manifestations ont été durement réprimées. Plusieurs arrestations et blessés.

Équateur : Sur fond d’accords du gouvernement avec le FMI, les prix du carburant ont flambé avec des hausses de plus de 120%. Suite aux nombreuses émeutes, le gouvernement avait déclaré l’état d’urgence. À quoi la Conaie, la Confédération des Nationalités indigènes fortement investie dans le soulèvement, a répliqué en déclarant aussi son propre état d’exception, annonçant que les militaires et les policiers qui s’approcheraient des territoires indigènes seraient capturés. Face à la force de l’insurrection le gouvernement n’a eu d’autres choix que de quitter Quito la capitale pour aller se réfugier et par la suite abroger l’augmentation du prix de l’essence. Comme quoi des victoires sont possibles !

France : Le mouvement Gilets Jaunes a commencé par surgir contre l’augmentation de la taxe carburant, le 17 novembre 2018. Quasiment tout de suite après, plusieurs exigences sociales, écologiques et fiscales ont fait irruption. Dans toute la France, on a vu pousser des cabanes sur les ronds points. Devenant à la fois des lieux conviviaux, de débats, d’informations, d’organisation d’actions et de blocages, cette tactique d’occupation a été le cœur du mouvement avec les grosses manifestations chaque samedi (acte 49, ce 19 octobre 2019) qui ont toujours lieu à l’heure actuelle et les assemblées plus portées sur le municipalisme. Les Gilets Jaunes veulent la démocratie directe et la fin de la démocratie représentative et ils ne sont pas les seuls #BlousesBlanches (hôpitaux), #RobesNoires (avocats), #StylosRouges (enseignants), #GyropharesBleus (ambulanciers), #GiletsVerts (environnement), agriculteurs, routiers, sapeurs-pompiers, étudiants…
Au 31 juillet 2019, 860 signalements répertoriés sur Twitter à “allo @Place_Beauvau” par le journaliste indépendant David Dufresne : 315 blessés à la tête, 24 éborgné-es, 5 mains arrachées, 18 blessures à la main, 28 au dos, 75 aux membres supérieurs, 131 aux membres inférieurs, 4 blessures aux parties génitales, 125 blessures non renseignées… 164 intimidations, insultes, entraves à la liberté de la presse, 2 décès #ZinebRedouane et #JusticePourSteve en France, 11 morts en France sur et autour des ronds-points (4 étaient des Gilets Jaunes et 7 des conducteurs de véhicule) et 3 décès en Belgique.
Update 27 octobre 2019, beaucoup de monde, de forces policières mobilisées et de gaz, ce samedi 26 octobre 2019, dans plusieurs villes de France pour cet acte 50 des Gilets Jaunes : Paris, Dieppe, Toulouse, Bordeaux, Toulon, Nantes, Épinal, Rouen… à quelques semaines du 1er anniversaire du mouvement le 17 novembre prochain.
Update 19 novembre 2019, pour le 1er anniversaire des Gilets Jaunes, les 16 et 17 novembre 2019, plusieurs manifestations déclarées à peine débutées, ont été annulées par les préfets, bloquant les issues, les participants des manifestations, nassés, gazés… Une rare violence pendant que les Black-Blocs (ou plutôt les Casta-Blocs) s’en donnaient à coeur joie !
Le Nombre Jaune – Compteur de MANUfestations comptabilisait et estimait en ce week-end d’anniversaire 61.957 Manufestants minimum pour pour 505 actions réparties sur le territoire français, les actions s’étant déroulées samedi 16 et dimanche 17 novembre 2019 sur un même lieu, n’ont été comptabilisées que comme une seule et unique action.
Le syndicat France Police totalisait 60.000 manifestants dans les centres-villes et sur les ronds-points en France pour ce samedi d’anniversaire du mouvement. De son côté, seulement 28.000 personnes au total à Paris et sur les ronds-points en France selon le ministère de l’Intérieur, dont 4.700 personnes à Paris !
Communiqué de Presse des Gilets Jaunes du mardi 19 novembre 2019, “Une interdiction historique attentatoire à nos libertés !”
Bilan jaune des victimes du 17/11/18 au 21/11/19
Update 18 décembre 2019 : Cohue sur les quais, rames bondées, bouchons sur les routes, incivilités… Depuis son coup d’envoi le 5 décembre, la grève contre la réforme des retraites provoque de nombreuses perturbations, notamment dans les transports. Au 13e jour de la grève et au lendemain de la démission du haut-commissaire à la Réforme des retraites, le mouvement de grève s’intensifie dans l’Hexagone. La 3e manifestation du 17 décembre 2019, après celles des 5 et 10 décembre, réunissait de 615.000 participants pour le ministère de l’Intérieur à 1.800.000 manifestants en France selon la CGT dont 350.000 à Paris. Grève mardi 17 décembre 2019, le boulier « Casta » casse-tête de participation.
Update 7 février 2020 : Pendant que la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, se répand dans les médias étrangers s’étonnant maladroitement que les médias étrangers ne soient pas au courant qu’il n’y a plus aucune grève en France (5 février 2020), les médias sociaux n’ont pas hésité à lui rappeler que ce 7 février 2020 était le 63e jour consécutif de grève et que samedi 1er février 2020 était le 64e samedi des Gilets Jaunes!!
Update 9 février 2020 : 65 comme le 65e acte des Gilets Jaunes et 65e jour consécutif de grève en France, ce samedi 8 février 2020! Après la 2e guerre mondiale, nos aînés s’étaient unis comme un seul homme “Plus jamais ça!”, à la vue des violences policières gratuites du jour en France, il semble que les élites mondialistes aient bien caché leur jeu!
Update 15 février 2020 : Depuis le début du mouvement social, le 5 décembre 2019, la contestation sociale et la colère de certaines professions ne faiblissent pas. De nombreuses manifestations, pas uniquement liées à la réforme des retraites, voient le jour. Enseignants, lycéens, étudiants, avocats, pompiers, routiers, cheminots, agriculteurs, pilotes de la sécurité civile, contrôleurs aériens, salariés de certaines raffineries et de ports, salariés de Radio France, personnels hospitaliers, remontées mécaniques dans les stations de ski, le secteur de l’énergie où des techniciens basculent des clients en heures creuses, les agents de sécurité et opérateurs dans les deux plus gros centres fiduciaires de la Banque de France… De nouvelles manifestations et journées d’actions sont prévues dans les prochains jours…

France d’Outre-Mer

Guadeloupe : La mobilisation pour “une santé de qualité” prend de l’ampleur en Guadeloupe. Plus de 3.500 personnes étaient mobilisées ce mardi 13 août 2019. Ce deuxième rendez-vous du mois d’août s’est élancé du CHU de Pointe-à-Pitre vers 10h30 au son de “la Gwadloup en chimen”. Une manifestation se déroulait au même moment dans le hall de l’Hôpital Pierre-Zobda Quitman, à Fort-de-France en Martinique.

Martinique : pendant 21 ans, de 1972 à 1993, le pesticide chlordécone, a été utilisé en Guadeloupe et en Martinique pour combattre un insecte dévastant les bananeraies antillaises. Le chlordécone est un perturbateur endocrinien. Il est reconnu comme neurotoxique, reprotoxique (effets sur la fertilité). Il est également classé comme possible cancérigène dès 1979, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon les experts, la molécule peut avoir des effets nocifs jusqu’à sept cents ans. Pourtant, si la France hexagonale a fini par l’interdire en 1990, les ministres de l’Agriculture de l’époque ont validé des dérogations pour qu’il soit autorisé aux Antilles jusqu’en 1993. Une interdiction mise en place la même année ne change rien. Problème : le chlordécone, produit phytosanitaire ultra toxique dont les plantations ont été abreuvées pendant plus de trente années, a été dispersé au pied des bananiers, sans aucune protection pour les travailleurs, une bonne partie des sols de la Guadeloupe et de la Martinique sont exposés à cet insecticide potentiellement cancérigène. Près de 40 ans après, 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais sont aujourd’hui, selon Santé Publique France, contaminés par le produit, qui a aussi des incidences sur le développement des enfants exposés pendant la grossesse, avec une hausse des risques de prématurité notamment. Aux États-Unis en 1976, l’usine de production de chlordécone avait fermé parce que cela provoquait des maladies très graves sur les ouvriers. Il y a eu “des autorisations inexplicables jusqu’en 1993” en Guadeloupe et en Martinique qui exigent aujourd’hui la vérité sur ce crime d’État. Une pollution source d’angoisse pour la population, car le chlordécone se retrouve aussi dans l’eau, certains légumes, viandes et poissons, entraînant des interdictions de cultiver certains produits et des interdictions de pêche, aux conséquences économiques importantes.
Le 14 juin 2019, la ministre des outre-mer, Annick Girardin, débloquait une aide de 5,4 millions d’euros. La quasi-totalité des 800.000 habitants actuels en Guadeloupe et en Martinique est ainsi contaminée par ce pesticide soupçonné d’être responsable d’une explosion des cancers de la prostate aux Antilles. Le gouvernement français a pris conscience de ce désastre sanitaire en septembre 2018 aux Antilles! Emmanuel Macron jugeait alors cette pollution « fruit d’un aveuglement collectif », dans lequel l’État « a sa part de responsabilité ».
Update 21 novembre 2019 : Depuis quelques semaines, des blocages de plusieurs centres commerciaux se répètent, par des associations militant contre le chlordécone.

La Réunion : Inspirée d’abord par une taxe quasi banale sur le carburant, elle s’est imposée au fil des semaines, des mois, comme une lame de fond renforcée par des années de frustrations, d’injustices. Elle a libéré la parole de ceux qui avaient pris l’habitude de se taire. Seul territoire d’outre-mer à avoir connu un mouvement de “Gilets Jaunes” fin 2018, pour dénoncer la cherté de la vie et les inégalités sociales. L’île française a été confrontée à une flambée de violences comme elle n’en avait plus connu depuis près de trente ans et qui a largement débordé la question du pouvoir d’achat. Des prix à la consommation jusqu’à 30% plus élevés, 22,8% de taux de chômage à la Réunion contre 9,3% en métropole… La Réunion est le territoire français où il y a le plus d’inégalités.

Saint-Martin : Une partie de la population s’oppose à ce nouveau plan, préparé par les services de l’État et qui prévoit de nouvelles zones rouges non constructibles, après le passage de l’ouragan Irma il y a deux ans, qui a fait 11 morts et endommagé 95% des bâtiments. La mobilisation a démarré après que la commission d’enquête publique ait donné mardi 10 décembre 2019 un avis favorable à la révision du plan de prévention, jugeant qu’elle était d’utilité publique, « malgré le nombre important d’avis défavorables » de la part de la population. Les manifestants ont érigé depuis jeudi 13 décembre 2018 des barrages sur différents axes de l’île, brûlant des voitures, des palettes et des pneus. Au cinquième jour de blocage de l’île contre le nouveau Plan de prévention des risques naturels (PPRN), la situation reste tendue à Saint-Martin. Une grande partie des commerces ont baissé le rideau et les écoles, collèges et lycées ont été fermés lundi 16 décembre 2019.

Grèce : La police a affronté des étudiants dans les deux plus grandes villes de Grèce, jeudi 24 octobre 2019, à la suite de grèves et de manifestations de rue contre un projet de révision des règles de l’entreprise par le nouveau gouvernement conservateur. Des affrontements ont également eu lieu lors d’une manifestation étudiante à Thessalonique, dans le nord du pays. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis souhaite relancer la croissance avec des politiques plus agressives en faveur des entreprises, promettant une croissance de 2,8% l’année prochaine, soit plus haut que les 2,2% prévus par la Commission européenne. Son gouvernement espère également que les réformes contribueront à persuader les créanciers européens d’assouplir les conditions de remboursement des dettes résultant de trois plans de sauvetage internationaux consécutifs. Mais les syndicats affirment que les réformes vont éroder les droits de longue date des travailleurs, notamment le droit de négocier les salaires via des négociations collectives avec les employeurs. Les critiques s’opposent également à l’utilisation accrue des services du secteur privé dans les agences gouvernementales locales et affirment que la valeur des qualifications émanant d’universités gérées par l’État peut être compromise. Les employés municipaux ont poursuivi la grève pendant une deuxième journée, perturbant le ramassage des ordures et d’autres services à Athènes et ailleurs. Plus de 2.000 travailleurs municipaux ont défilé devant le parlement grec. Pendant le rassemblement, certains des organisateurs de la manifestation ont porté un cercueil vide et portaient des masques. Deux autres manifestations pacifiques ont eu lieu plus tard jeudi, avant le vote au parlement du projet de loi, qui devrait être adopté. Environ 5.000 personnes au total ont pris part à des manifestations séparées, organisées par un groupe syndical affilié au Parti communiste et des syndicats principaux.
Update 25 février 2020 : Des milliers de Grecs ont protesté mardi 25 février 2020 contre un projet de réforme des retraites qui prolonge, selon le syndicat des fonctionnaires, la réduction des pensions imposée au plus fort de la crise. Il s’agit de la 2e mobilisation contre le gouvernement élu en juillet; en octobre 2019, une grève générale dans les secteurs public et privé avait été observée pour protester contre une réforme sur la libéralisation du marché de travail visant, selon la majorité de droite, à attirer les investissements, priorité du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.
Update 28 février 2020 : Plus de 60 personnes ont été blessées lors d’affrontements avec des manifestants à Lesbos et à Chios au sujet des projets de construction de nouveaux camps de migrants, au soir du mercredi 26 février 2020, selon les médias locaux.. Les autorités d’Athènes se sont engagées à construire de nouveaux centres pour remplacer les installations surpeuplées de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos. Le gouvernement prévoit de réduire le nombre de migrants sur les îles de 42.000 à 20.000!

Guinée : Le président Alpha Condé est soupçonné de vouloir changer la constitution pour briguer un 3e mandat, alors que celle-ci n’en prévoit que deux. Le mouvement de protestation a été mortellement réprimé. On compte des dizaines de morts. Et les manifestations ont été interdites. Ce qui n’a pas empêché une nouvelle manifestation monstre en Guinée contre une « présidence à vie » d’Alpha Condé. Étaient-elles, comme le revendiquent les organisateurs, un million de personnes à défiler, jeudi 24 octobre 2019, dans les rues de Conakry ? Impossible à confirmer en l’absence de sources indépendantes et d’un comptage précis, mais c’est une marée humaine qui a déferlé, sifflant, criant, riant, vers l’esplanade du stade du 28 septembre dans la capitale guinéenne.

Haïti : L’élection de Jovenel Moïse en 2017 avait été reconnue comme « légitime » par les pays alliés, notamment occidentaux… pays aujourd’hui silencieux. La colère a éclaté il y a près de deux mois suite à des scandales de corruptions en lien avec le président Jovenel Moïse. Des entreprises qu’il dirigeait avant son entrée en politique ont été épinglées par la Cour Supérieure des comptes comme étant “au cœur d’un stratagème de détournement de fonds”. La colère populaire s’est accentuée fin août à la suite d’une pénurie de carburants généralisée à travers le pays. Des manifestations réprimées par l’armée, des barrages qui paralysent tout, des pénuries d’électricité et d’eau, des malades qui meurent à la porte de l’hôpital, des écoles qui pour la plupart n’ont pas rouvert depuis septembre… Les Haïtiens demandent depuis des mois la démission de leur président Jovenel Moïse, président corrompu et insaisissable dont le cortège ne fait toujours que passer, dont personne ne sait où il dort et dont le dernier discours fin septembre pour demander une « trêve », a été diffusé en pleine nuit, à 2 heures du matin. Depuis plus de deux mois, la population descend dans la rue malgré la répression du pouvoir qui a fait au moins 17 morts et 200 blessés, dans l’indifférence du reste du monde. Une nouvelle manifestation contre Jovenel Moïse s’est tenu dimanche 27 octobre dans la capitale Port-au-Prince, qui a aussi vu une manifestation des policiers, une première du genre dans ce contexte de tensions socio-économiques. Deux personnes sont mortes en marge de ces manifestations.

Honduras : Des manifestations violentes demandent la destitution du président hondurien Juan Orlando Hernandez, à Tegucigalpa, le 24 octobre 2019. Les critiques du gouvernement ont été encouragés par la condamnation du jeune frère de Hernandez pour trafic de drogue devant un tribunal de New York ce mois après un procès au cours duquel des témoins ont impliqué le président dans l’entreprise de drogue. Salvador Nasralla, une personnalité de la télévision qui a terminé deuxième derrière Hernandez lors des dernières élections, est à la tête d’une coalition appelant à la démission du président. Ils ont promis la désobéissance civile jusqu’à ce que Hernandez soit parti et ont menacé de déclencher une grève nationale, mais ils n’ont pas encore fixé de date. L’analyste politique Raul Pineda, un ancien député du parti national Hernandez, a déclaré jeudi que le Honduras “a besoin de changements urgents”. Pineda envisage trois options pour que Hernandez calme la situation: rectifier son comportement, ouvrir un véritable dialogue avec l’opposition ou démissionner. “Si Hernandez ne part pas volontairement, il y aura beaucoup de violence dans les rues et le Honduras tombera dans un chaos total terrible”, a déclaré Pineda. Le général à la retraite Romeo Vasquez, impliqué dans la destitution du président Manuel Zelaya en 2009 avant de se lancer dans une carrière politique, a déclaré que les institutions honduriennes ne fonctionnaient pas. “C’est pourquoi il est temps de changer la direction du pays”, a-t-il déclaré.

Hong Kong : Les Hongkongais se sont soulevés contre la loi d’extradition de la Chine qui impliquait que Pékin puisse obtenir le transfert de n’importe quelle personne considérée comme opposante au régime, “fugitive” selon leur terme. Des manifestations colossales se sont déroulées. De 1 million, puis 2 millions de personnes. Le 1er juillet, les manifestants envahissent le parlement. Le mouvement très populaire a formulé 5 demandes :
1) L’annulation totale de la loi d’extradition (qui a été suspendue depuis),
2) la libération sans inculpation des manifestants arrêtés,
3) le retrait de la qualification d’émeute des manifestations,
4) une enquête indépendante sur les violences policières et les abus de pouvoir,
5) l’instauration pleine et entière du suffrage universel.
Une sixième demande commence aussi à naître chez certains : la condamnation, voire la dissolution de la police. Un frontliner explique que beaucoup partent aujourd’hui manifester avec un testament dans la poche. La Chine est l’ennemie viscérale.
Update 25 novembre 2019 : Installé à Hong Kong depuis quarante ans, le photographe suisse Marc Progin documente depuis le début le mouvement de contestation. Ce Hongkongais d’adoption se sent totalement solidaire des manifestants. En Europe plus personne n’ose critiquer le pouvoir chinois, de peur de représailles économiques. Suisses, Français, Européens sont pieds et poings liés par Pékin. “C’est insupportable. Je sais qu’on peut travailler en Chine sans s’autocensurer”, s’énerve-t-il. Hong Kong se trouve entre ces deux mondes, entre une Chine qui bâillonne et une Europe qui se tait. “Les manifestations mettent tout cela en péril. Je ne peux pas faire autrement que d’être ici.” Ces derniers jours, la ville bascule dans l’effroi. Les brutalités policières ont créé un climat de terreur. Le désespoir des jeunes manifestants fait craindre le pire. Marc redoute la multiplication de gestes inconsidérés. “Les gamins ont la trouille, ils sont à bout. Les flics sont à cran. On a l’impression qu’ils ont pris le pouvoir.”
Update 12 décembre 2019 : Un groupe d’experts internationaux choisis par le gouvernement local de Hong Kong pour assister l’enquête sur les violences policières contre les militants pro-démocratie a annoncé, le 11 décembre 2019, qu’il a renoncé à sa tâche, ne pouvant pas remplir leur mission.
Update 7 février 2020 : Le 30 décembre 2019, Li Wenliang, un ophtalmologue de 34 ans, à Wuhan, la capitale de la région du Hubei au centre de la Chine, tire la sonnette d’alarme sur la messagerie WeChat “Ce n’est pas le SRAS, mais un coronavirus inconnu.” Deux hôpitaux, respectivement de 1.000 et 1/600 lits, sont en construction en un temps record à Wuhan. Lui-même contaminé, le docteur Li Wenliang est mort à l’hôpital où il était soigné ce 6 février. Le 20 janvier 2020, la Chine déclare l’État d’urgence face à l’émergence du coronavirus 2019nCoV. À Wuhan, la population est cloîtrée dans les appartements, les usines à l’arrêt, les rues vides. La plupart des expatriés sont évacués de la ville par des vols spécialement affrétés puis quarantaine obligatoire pendant 14 jours, la durée maximale d’incubation du virus. Le Nouvel An chinois a été annulé. Wuhan est devenue une ville fantôme, les habitants toujours confinés… L’épidémie de coronavirus qui sévit en Chine a des répercussions à Hong Kong, les écoles sont fermées, les accès aux squares, jardins, aux activités sont eux aussi interdits…

Inde : Des milliers de manifestants se sont rassemblés, ce 25 janvier 2020, dans un quartier à prédominance musulmane de la capitale indienne alors que le pays célébrait le jour de la République pour commémorer le jour de l’entrée en vigueur de sa constitution et face à un gouvernement inflexible, les Indiens continuent de s’exprimer. La répression pourrait-elle être pire aujourd’hui qu’elle ne l’était en 1975 ? Ceux qui ont résisté ont été soumis à toute la force de la loi et plus encore. Néanmoins, beaucoup de personnes à travers le monde regardent les événements se dérouler dans le pays avec consternation. En ce jour de la République, la direction politique de l’Inde devrait célébrer 71 ans depuis l’adoption de la constitution. Au lieu de cela, le gouvernement au pouvoir, le parti Bharatiya Janata (BJP), est soucieux de justifier des amendements défectueux à la loi sur la citoyenneté qui excluent les musulmans et ont été décrits par l’ONU comme « fondamentalement discriminatoires ». La promesse de justice, de liberté, d’égalité et de fraternité de la Constitution est mise à l’épreuve en injectant la religion dans le discours sur qui peut devenir citoyen indien. Avec des tentatives en cours pour écraser des mobilisations de masse largement pacifiques à l’échelle nationale, le présent semble rappeler le moment où Indira Gandhi a suspendu certains droits constitutionnels en déclarant une urgence nationale de 1975 à 1977. Alors comme maintenant, des gens de tous horizons et de tout le pays sont venus protester en grand nombre dans la tradition du satyagraha. Plus de 25 personnes ont été tuées lors des manifestations. Des nombres non spécifiés ont été détenus tandis que beaucoup ont été douteusement réservés pour « émeute ». Ils seront victimes de harcèlement judiciaire pendant de longues périodes alors que les rouages ​​de la justice se brisent lentement en Inde. Interruption aléatoire des services Internet pour empêcher les mobilisations publiques et invocation systématique de l’ère coloniale régressive. L’article 144 du Code de procédure pénale pour interdire à cinq personnes ou plus de se rassembler dans des lieux publics ternit la réputation mondiale de l’Inde en tant que démocratie stable. Pour être clairs, le chaos et la cruauté actuellement déclenchés se préparent depuis un certain temps. En décembre dernier (2019), avant les manifestations nationales en cours et la répression qui s’ensuivait, le CIVICUS Monitor, une plateforme de recherche qui mesure l’état des libertés civiques dans chaque pays, a rétrogradé l’Inde à la deuxième pire catégorie, “ réprimée ”, la plaçant au même niveau que l’Afghanistan, Bangladesh, Myanmar et Pakistan. Les raisons de la rétrogradation comprenaient une longue période de répression des rassemblements publics et de la liberté d’Internet au Jammu-et-Cachemire, le musellement des médias et l’intimidation flagrante des militants de la société civile et de leurs organisations par le biais d’une invocation sélective de la sécurité et de la législation pénale pour faire taire les critiques.
Update 25 février 2020 : Le bilan des violences intercommunautaires à New Delhi s’est aggravé mardi 25 février 2020 à treize morts. Depuis dimanche, plusieurs quartiers de la capitale indienne sont le théâtre de scènes de guérilla urbaine.

Indonésie : Des coalitions se forment face aux menaces qui pèsent sur la démocratie et le pluralisme. Depuis la chute du dictateur indonésien Suharto en 1998, la société civile s’épanouit au sein de la démocratie naissante du pays. Les observateurs ont même commencé à appeler l’Indonésie la nation la plus démocratique d’Asie du Sud-Est. Les plus grandes manifestations ont eu lieu dans la capitale, Jakarta, et dans le centre culturel de Yogyakarta, mais des manifestations importantes ont eu lieu dans presque toutes les grandes villes. Deux étudiants sont morts lors d’affrontements avec les forces de sécurité à Kendari, dans le sud-est de Sulawesi, et trois autres sont morts à Jakarta, blessés après avoir utilisé généreusement du gaz lacrymogène et des canons à eau, malgré le caractère largement pacifique des rassemblements. L’Indonésie à la mi-2019 fait face à une tempête de problèmes. Point crucial, les dernières élections nationales ont eu lieu il y a quelques mois à peine. Le président Joko Widodo, plus connu sous le nom de Jokowi, n’a pas encore été inauguré pour son deuxième mandat – il commence le 20 octobre 2019. Par conséquent, les tensions entre les partisans de Jokowi et celles de son opposant Prabowo Subianto restent intenses, avec des “buzzers” – des médias sociaux les utilisateurs qui seraient payés pour promouvoir leur candidat et faire douter de l’autre – des deux côtés extrêmement actifs, notamment sur Twitter.

Irak : Un mouvement de révolte a commencé début octobre. Les manifestants demandent du travail et de meilleurs services publics. Très vite la répression a été sanglante. On parle de 100 morts et de plus de 4.000 blessés. Même l’armée a admis un usage excessif de la force…
Update 31 octobre 2019, les manifestations antigouvernementales se poursuivent malgré la tentative des forces de sécurité d’y mettre un terme et l’instauration d’un couvre-feu. Les manifestations ont commencé début octobre pour dénoncer la corruption, le chômage et le manque de services. Elles ont été suspendues après que les forces de sécurité aient tiré à balles réelles sur les manifestations, tuant près de 150 personnes. Selon la Commission irakienne des Droits de l’Homme, au moins 100 personnes sont mortes depuis la reprise des manifestations, le 24 octobre dernier.
Update 20 novembre 2019, depuis le début octobre, les Irakiens sont descendus dans la rue pour réclamer des services de base, des opportunités économiques et mettre fin à la corruption de l’élite politique du pays. Plus de 300 personnes ont été tuées et au moins 15 000 blessées. Le New York Times et The Intercept ont vérifié environ 700 pages de rapports du ministère du Renseignement et de la Sécurité iraniens entre 2014 et 2015, offrant un “portrait détaillé de la manière agressive dont Téhéran s’est efforcé de s’intégrer dans les affaires irakiennes”. Une source secrète a déclaré que les personnes impliquées dans la fuite souhaitaient “informer le monde de ce que fait l’Iran dans mon pays, l’Irak”.
Update 20 janvier 2020, selon les statistiques publiées par l’AFP, depuis le début des manifestations en Irak le 1er octobre 2019, près de 460 personnes ont été tuées et plus de 25.000 blessées dans le plus grand mouvement antigouvernemental jamais créé en Irak.
Update 26 janvier 2020 : Des gens de partout en Irak sont descendus sur sa capitale Bagdad, vendredi 24 janvier 2020, répondant à l’appel de l’influent religieux chiite Muqtada al-Sadr pour une « marche d’un million d’hommes » appelant à la fin de l’occupation américaine du pays depuis près de 17 ans. Les images de l’événement montrent d’immenses foules paisibles marchant ensemble dans le centre-ville. Sayed Sadiq al-Hashemi, directeur du Centre irakien d’études, estime que plus de 2,5 millions de personnes ont participé aux manifestations. Bien qu’il existe de nombreuses divisions dans la société irakienne, les manifestants espèrent envoyer un message uni contre l’impérialisme américain.

Iran : “Horrible motif”, Amnesty International déclare que 106 personnes ont été tuées lors d’une « répression brutale » des manifestations antigouvernementales, dans 21 villes en Iran. Dans une déclaration publiée mardi 19 novembre 2019, l’organisation basée au Royaume-Uni a accusé les forces de sécurité iraniennes d’avoir utilisé “une force excessive et meurtrière” pour écraser les manifestations depuis leur début vendredi 15 novembre 2019. L’Iran est secoué par des manifestations nationales provoquées par la colère et la frustration grandissantes après que les autorités aient mis en place un système de rationnement de l’essence et réduit les subventions, faisant ainsi grimper les prix de 50%. Le président Hassan Rouhani a promis que l’augmentation des prix servirait à financer de nouvelles subventions pour les familles pauvres, mais la décision a déclenché une colère généralisée parmi les Iraniens.
Update 20 novembre 2019 : L’annonce d’une subite hausse qui peut aller jusqu’à 300 % des prix du pétrole en Iran le 15 novembre a provoqué une vive réaction de la population dans plusieurs dizaines de villes du pays, réprimée extrêmement violemment par le régime. Des dizaines de manifestants ont été tués, alors que des centaines de banques, mais aussi des postes de police, des bâtiments administratifs et des stations-service ont été brûlés ou dégradés. Avant qu’Internet ne soit coupé partout dans le pays le 17 novembre, sur place, la situation est apocalyptique. Une violence qu’ils n’avaient encore jamais connue.
Update 23 novembre 2019, le MEK/OMPI (Organisation des moudjahidines du peuple iranien) a annoncé qu’au moins 251 personnes ont été tuées, 3.700 blessées et 7.000 arrêtées lors des manifestations en Iran. Les voyous du régime iranien se sont jetés dans la rue avec des pistolets et ont commencé à tirer sur des personnes. Ils visaient directement la tête et tiraient sur les gens par-derrière. Les chauffeurs d’ambulance et le personnel médical ont déclaré qu’aucune des blessures par balle n’avait été infligée au torse ou aux jambes – seulement à la tête ». « Bien que les pannes d’électricité sur Internet ne soient pas sans précédent dans le pays, les experts ont déclaré que l’ampleur et la complexité technique de cette panne sont différentes », il s’agit d’une tentative du régime de « stopper la circulation de l’information et d’étouffer les manifestations. »
Update 18 décembre 2019 : Au cours du week-end, des vidéos publiées sur les réseaux sociaux de diverses provinces iraniennes ont montré des cadavres découverts alors qu’ils se lavaient dans des rivières. Les membres de la famille des défunts ont identifié les corps comme ceux de manifestants qui n’avaient pas été vus depuis les manifestations. Certains cadavres porteraient des traces de torture.

Israël : Imitant la contestation française, et suite à un appel sur les réseaux sociaux, des centaines de manifestants ont protesté le 14 et le 22 décembre 2018 à Tel-Aviv contre l’augmentation du coût de la vie. Les Israéliens ont appris en décembre que les prix des produits alimentaires, de l’électricité, de l’eau ou encore des abonnements téléphoniques mais aussi les impôts locaux allaient augmenter l’année prochaine, sous l’effet de l’affaiblissement du shekel, la monnaie nationale, par rapport au dollar et à l’euro.

Italie : Le mouvement des sardines, à l’origine 6.000 sardines, ou plus simplement les sardines est un mouvement politique d’inspiration antifasciste né à Bologne en novembre 2019, pendant la campagne électorale des élections régionales de 2020 en Émilie-Romagne, en opposition au populisme et au souverainisme de partis de l’extrême droite italienne. La référence aux sardines vient de l’expression « serrés comme des sardines dans une boite » (stretti come sardine), et fait référence à la nécessité de remplir le plus possible les places publiques, mais fait aussi allusion au caractère sans défense de ces petits poissons, qui se déplacent néanmoins en groupe. Le 14 décembre à Rome, les sardines rassemblent 35.000 personnes selon la préfecture de police, 100.000 personnes selon les organisateurs.

Kazakhstan : La police du Kazakhstan a arrêté plus de trois douzaines de personnes qui tentaient de se rassembler dans le cadre de manifestations antigouvernementales considérées par les autorités comme des « actions illégales ». Avant leur arrestation, plusieurs manifestants ont déclaré qu’ils voulaient protester contre “l’expansion” des relations commerciales entre la Chine et le Kazakhstan par la création de coentreprises. Les manifestations du 26 octobre avaient été organisées par le Democratic Choice of Kazakhstan (DCK), un mouvement politique qui avait été interdit par les autorités kazakhes en tant que groupe «extrémiste». Le 25 octobre, le bureau du procureur général du Kazakhstan a averti que quiconque tenterait de prendre part aux manifestations serait arrêté pour être impliqué dans une “action illégale”.

Liban : Beaucoup appellent à tort le soulèvement populaire qui secoue le Liban depuis le 16 octobre 2019 : “la révolution WhatsApp”. Or, le véritable point de rupture entre les Libanais et leurs dirigeants a été le terrible désastre des incendies qui ont ravagé le pays. La taxe sur WhatsApp ne fut que l’affront de trop. Souvenons-nous. Des feux de forêt se sont déclarés ici et là, que la chaleur étouffante et des vents violents ont transformés en gigantesques incendies. Cette nuit-là fut terrible. Le cri et les larmes d’une journaliste, impuissante face au ravage des flammes et au danger que courraient les habitants, est devenue comme le symbole de la tragédie qui se déroulait en direct. Cette nuit-là, les dirigeants libanais n’ont pas bougé. Comme s’ils n’étaient concernés en rien par ce qui se passait. Au matin, les Libanais ont découvert, ébahis, que les hélicoptères anti-feux de forêt n’avaient pas décollé pour combattre la fournaise. Les responsables qui se succédaient devant les caméras de télévision donnaient chacun une explication différente. Les uns affirmaient que c’était faute de maintenance, et que parce que celle-ci coûtait cher, elle n’a pas eu lieu depuis plus de cinq ans, rendant les hélicoptères inopérants. D’autres c’était parce que les moteurs de ces hélicoptères étaient trop gros, donc inadaptés aux feux de forêt… Encore sous le choc des incendies, les Libanais, abasourdis, se sont vu annoncer avec une légèreté ahurissante que le gouvernement n’avait rien trouvé de mieux à faire, en ce lendemain de tragédie nationale, que de leur imposer de nouvelles taxes. Dont celle sur WhatsApp. Ce dernier petit coin de gratuité, ce luxe minuscule qu’il leur restait. L’obscénité dans ce qu’elle a de plus obscène. La goutte d’eau proverbiale qui a fait déborder un vase mille fois rempli à ras bord. La nouvelle taxe déguisée aura valu au régime libanais un soulèvement du peuple sans pareil. Malgré l’annonce du ministre des Télécommunications de l’abandon de cette taxe, jeudi 17 octobre au soir, les Libanais sont restés dans la rue. La taxe sur l’application Whatsapp est arrivée sur une colère déjà grandissante des Libanais envers le pouvoir, notamment après la très mauvaise gestion des incendies ayant ravagé habitations, villes, forêts, dont des cèdres millénaires, ces derniers jours.
Des centaines de milliers de personnes manifestent, de Beyrouth à Tripoli, de Saïda à Nabatleh, sans oublier la région de Baalbeck. Vendredi 18 octobre, de nombreuses routes étaient coupées pour empêcher les rassemblements, la capitale était inaccessible et la place des Martyrs à Beyrouth a été occupée toute la nuit essentiellement par des jeunes. Depuis des dizaines de milliers de Libanais ont protesté, réclamant de meilleures conditions de vie et l’éviction de politiciens qui ont longtemps monopolisé le pouvoir et l’influence, y compris au Sud-Liban, un bastion du puissant mouvement du Hezbollah. Même dans la ville méridionale de Tyr, où le Hezbollah et son affilié politique, le Mouvement Amal, dominent, de grandes manifestations ont eu lieu contre la situation économique désastreuse du Liban.
Update 27 octobre 2019, le bras de fer entre la rue et le pouvoir s’est prolongé samedi 26 octobre 2019 au Liban, avec des risques de dérapage soulignés par une montée de la tension entre l’armée et les manifestants après une démonstration de force du Hezbollah pro-iranien. Plusieurs axes routiers reliant Beyrouth au reste du pays étaient toujours bloqués ce samedi, prolongeant la paralysie du pays dont les banques, les écoles et les universités sont fermées. Malgré les heurts, des dizaines de milliers de personnes sont restées dans la rue, criant, chantant et agitant les drapeaux du Liban frappés d’un cèdre vert. À Tripoli, à Beyrouth ou dans le Sud, les slogans phares sont restés inchangés depuis dix jours : “Révolution, révolution !”, “Tous, cela veut dire tous !”, “Le peuple veut la chute du régime”…
À Tripoli, à Beyrouth ou dans le Sud, les slogans phares sont restés inchangés depuis dix jours: “Révolution, révolution !”, “Tous, cela veut dire tous !”, “Le peuple veut la chute du régime”…

Libye : Les manifestations se sont poursuivies vendredi 18 octobre 2019 sur la place des Martyrs à Tripoli, en rejetant le régime militaire et en condamnant l’agression lancée par Haftar contre la capitale, le dernier en date étant l’attentat à la bombe contre le quartier d’Al-Furnaj, qui a tué trois enfants d’une même famille et laissé leur mère et la soeur de trois ans dans une situation critique.

Mali : En quelques années, le Mali a fait face à un coup d’État militaire, à une rébellion sécessionniste, à une intervention militaire occidentale et à plusieurs attaques terroristes majeures. Dans la région du lac Tchad, Boko Haram tente de faire revivre un émirat, tuant des milliers de personnes et forçant des centaines de milliers d’autres à fuir vers les pays voisins. Le Delta intérieur du Niger au Mali, le sud du Nigéria, le Liptako-Gourma entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso et la région frontalière entre le Nigéria et le Cameroun sont les plus touchés par des conflits de longue durée. Le Ghana et la Guinée connaissent aussi des conflits locaux.
17 octobre 2019 : Cartographie de la géographie de la violence politique en Afrique du Nord et de l’Ouest

Nigéria : Des chrétiens ont défilé dimanche 2 février 2020 pour protester contre la persécution. Lancée le 29 janvier 2020 pour protester contre la décapitation du pasteur Lawan Andimi, président d’une section régionale de la CAN (Christian Association of Nigeria) dans l’État d’Adamawa, par Boko Haram deux semaines plus tôt. « D’une seule voix, nous avons dit’non’ aux tueries, ‘non’ aux négligences en matière de sécurité et ‘non’ à la persécution des chrétiens au Nigéria. C’est un signal d’alarme pour le gouvernement », la prière était également une protestation contre l’échec du gouvernement nigérian à arrêter les enlèvements et les tueries. Les attaques terroristes, ainsi que les affrontements entre des bergers majoritairement musulmans et des agriculteurs chrétiens, ont fait plus de 100 morts en janvier 2020 seulement.

Pakistan : Les manifestants sont partis de Karachi, dans le sud du pays, le 27 octobre 2019, et sont arrivés à Islamabad le 31 octobre, où ils organisaient un sit-in depuis presque deux semaines. Des milliers de manifestants anti-gouvernementaux au Pakistan ont désormais entamé ce qu’ils ont appelé le “Plan B” visant à paralyser les routes du pays et à renverser le Premier ministre Imran Khan.
Update 1er février 2020 : Pakistan, la répression des droits de l’homme s’intensifie, Bilan Amnesty International de 2019

Panama : Des manifestations violentes ont été signalées à Panama City le mercredi 30 octobre 2019, au cours desquelles des groupes ont exprimé leur opposition aux réformes constitutionnelles proposées. Des étudiants de l’Université du Panama, des syndicats et des organisations sociales ont participé à des manifestations, dont certaines se sont déroulées près de l’Assemblée nationale, ainsi que dans d’autres rues de la ville. La police s’est heurtée aux manifestants, a utilisé du gaz lacrymogène et en a arrêté au moins 40. Les réformes constitutionnelles proposées par le gouvernement sont nombreuses. Ils cherchent à créer une Cour constitutionnelle et à donner plus de pouvoir au Congrès en lui permettant de voter le budget national, de fixer ses propres salaires et de superviser les enquêtes des juges et des procureurs. En outre, des propositions visent à limiter la réélection des députés et la gestion des fonds en raison de nombreux scandales de corruption. La privatisation de l’enseignement supérieur est également un problème.

Papouasie Nouvelle-Guinée : La Papouasie connaît ses plus violentes émeutes depuis des décennies. Les Papous considèrent les Indonésiens comme des colons sur leur sol et les accusent de contrôler l’économie locale. Les émeutes ont repris de plus belle, mi-août suite à des remarques racistes à l’égard d’étudiants papous. La Papouasie, cette province d’Indonésie s’est déclarée indépendante en 1961, mais ne l’entendant pas de cette oreille, le pouvoir indonésien en a repris le contrôle dès 1963.

Pays-Bas : Depuis le 1er décembre 2018, les Pays-Bas connaissent aussi leur émanation des Gilets Jaunes, avec quelques centaines de personnes réunies à Amsterdam, La Haye et, le 15 décembre 2018, à Rotterdam, pour réclamer la démission du Premier ministre de droite libérale, Mark Rutte. Les agriculteurs se révoltent également, “Le fossé entre les plus riches et les plus pauvres est de plus en plus grand. Je touche une pension de 640 euros par mois et je dois vivre avec ça, payer mon loyer. Pour me nourrir, je suis obligé d’aller à la banque alimentaire”, a déclaré à RFI un retraité qui a manifesté.Le gouvernement est prêt à fermer des fermes dans le but de contrôler les émissions de NO2 et de CO2. Quatrième jour de protestations des agriculteurs. Les manifestations des agriculteurs prennent des formes de plus en plus lumineuses. Et au berceau de la manifestation se trouve Farmers Defence Force, un jeune mouvement en plein essor qui refuse d’ajouter de l’eau au vin. Le logo de Farmers Defence Force (FDF) est frappant: un blason bleu sur lequel sont représentées deux fourches jaunes. Les fourches, en particulier, donnent l’idée que les agriculteurs ne se laissent pas avoir. Lundi 14 octobre 2019, 35.000 agriculteurs ont à nouveau répondu massivement à l’appel de l’organisation d’agriculteurs LTO Noord à manifester. Y compris à Groningue, Assen, Zwolle, Arnhem…

Pérou : Des manifestants se sont réunis mardi 1er octobre 2019 à Lima, capitale du Pérou, alors que le pays était plongé dans l’incertitude politique après la décision du président Martin Vizcarra de dissoudre le congrès, incitant les législateurs rebelles à le suspendre et à en nommer un autre.
Dans un message télévisé à la nation lundi, Vizcarra a annoncé la dissolution du congrès du pays et appelé à la tenue de nouvelles élections parlementaires dans quatre mois. Le président du Congrès, Pedro Olaechea, a réagi en déclarant le renvoi provisoire de Vizcarra, alléguant une “incapacité morale” et en accusant Vizcarra de “briser l’ordre constitutionnel”. Après l’annonce de M. Olaechea, la vice-présidente, Mercedes Araoz, a prêté serment comme président lundi soir, laissant le pays sud-américain aux prises avec un conflit entre le législatif et l’exécutif.

Puerto Rico : un an et demi après que l’ouragan Maria ait dévasté le territoire américain, des troubles politiques se sont emparés de l’île.
Un large échantillon de la société s’est révélé lundi 22 juillet 2019 pour ce que de nombreux résidents ont déclaré être la plus grande manifestation dont ils pouvaient se souvenir. Des marcheurs pour la première fois étaient là aux côtés d’enseignants et de travailleurs sociaux à la retraite, de membres de syndicats et de militants politiques de longue date, de résidents favorables à l’État et de partisans de l’indépendance. (Les États-Unis ont acquis Porto Rico après la guerre hispano-américaine de 1898, et c’est un territoire depuis 1952.
Ils sont descendus dans la rue après qu’une série de messages de discussion grossiers, sexistes et homophobes entre Ricardo Rosselló, le gouverneur assiégé et ses plus proches collaborateurs aient été rendus publics plus tôt ce mois-ci. D’un seul coup, Rosselló et des membres de son entourage ont offensé presque chacun des 3 millions d’habitants de l’île, visant les femmes, les homosexuels, les personnes en surpoids, un leader du mouvement indépendantiste vénéré décédé d’un cancer et les milliers de victimes de l’ouragan dévastateur de 2017.
Update 20 janvier 2020, une aide d’urgence inutilisée s’est accumulée dans une propriété du gouvernement dans la ville de Ponce, dans le sud de Porto Rico, alors que des milliers de personnes se préparaient à passer leur troisième semaine à dormir dehors pour rester en sécurité alors qu’un essaim de tremblements de terre continuait d’assaillir l’île. L’eau semble avoir expiré, alors qu’il n’y avait aucun signe de secours ni d’efforts pour distribuer les fournitures en cas de catastrophe. En quelques heures, la gouverneure Wanda Vázquez, confrontée à la plus grande crise de son mandat, avait limogé le chef de la gestion des urgences de Porto Rico, remis temporairement les rênes de l’agence à la Garde nationale et ordonné une enquête pour savoir pourquoi les fournitures n’avaient pas été remises aux personnes dans le besoin. Dimanche, deux autres fonctionnaires du cabinet avaient été limogés. Le gouverneur s’est engagé à ne pas inculper les personnes qui avaient pris des fournitures de l’entrepôt. Ce lundi 20 janvier 2020, les manifestants se sont rassemblés à San Juan, la capitale, pour protester contre les dirigeants qui, selon eux, les ont laissé tomber à la suite d’une catastrophe naturelle, comme cela s’est produit après l’ouragan Maria en 2017, une série d’incidents avait montré l’incompétence dans la gestion de l’aide d’urgence. Des remorques pleines de nourriture, d’eau et de fournitures pour bébés qui avaient été données aux victimes de l’ouragan ont été retrouvées pourries dans un bureau du gouvernement près d’un an après la tempête. À ce moment-là, ils étaient devenus infestés de rats. Des milliers de caisses d’eau en bouteille inutilisées jetées pendant des mois sur une piste inutilisée. Les dons compilés en Floride ont pourri parce que le gouvernement portoricain n’avait pas d’argent pour les expédier sur l’île. Pour éviter les pénuries d’approvisionnement et améliorer les lignes de distribution à l’avenir, Porto Rico a réécrit son plan d’urgence pour établir des centres de distribution régionaux. Le plan prévoyait également le stockage de deux entrepôts gérés par l’Agence de gestion des urgences de Porto Rico à Guaynabo et Ponce, en plus de cinq entrepôts gérés par l’Agence fédérale de gestion des urgences. Mme Vázquez a ordonné que le plan soit exécuté le 28 décembre, lorsque les premiers tremblements plus petits ont commencé à secouer l’île. Les opérations d’urgence sont allées à plein régime après le grand séisme de magnitude 6,4 survenu le 7 janvier 2020, tuant directement une personne et causant plus de 110 millions de dollars de dégâts. Mais l’agence de gestion des urgences de l’île n’a pas utilisé l’entrepôt de Ponce. Carlos Acevedo, le chef de la gestion des urgences, a défendu son agence dans un communiqué publié samedi sur Twitter, dans lequel il affirmait qu’il n’y avait pas eu de pénurie de secours. Une partie de l’aide dans l’entrepôt avait été utilisée lors de l’ouragan Dorian et de la tempête tropicale Karen en 2019, a-t-il déclaré. Les bouteilles d’eau étaient périmées et étaient en cours de déclassement. Le reste des fournitures, a-t-il indiqué, n’était pas encore nécessaire – et le bâtiment avait été déclaré structurellement défectueux à la suite des tremblements. Des manifestants à Porto Rico ont appelé la gouverneure Wanda Vazquez à démissionner lundi 20 janvier 2020 – la blâmant pour les fournitures d’urgence dilapidées trouvées enfermées dans un entrepôt au cours du week-end. La semaine dernière, l’administration Trump a imposé de nouvelles restrictions sur l’aide d’urgence à Porto Rico. Dimanche, Ben Carson, le secrétaire au logement et au développement urbain, a écrit sur Twitter que les nouvelles de l’entrepôt de Porto Rico étaient “pour le moins dérangeantes”. “Pour que la guérison commence, la corruption doit cesser”, a-t-il écrit. « Cela souligne encore plus l’importance des réformes et des contrôles financiers que nous avons mis en place pour garantir que ces ressources parviennent à ceux qui en ont le plus besoin.»

République tchèque : dimanche 23 juin 2019, des dizaines de milliers de Tchèques ont rempli le parc de la plaine de Letna à Prague, participant à ce que ses organisateurs ont décrit comme “la plus grande manifestation depuis la chute du communisme”. Ils réclamaient la démission du Premier ministre Andrej Babis, un politicien controversé accusé de fraude et collaborant avec la police secrète de l’ère communiste, et sa secrétaire à la Justice Marie Benesova.
Environ 250.000 Tchèques, selon le ministère de l’Intérieur, ont investi samedi le centre de Prague pour demander le départ du Premier ministre milliardaire Andrej Babis, accusé de corruption, la veille du 30e anniversaire de la Révolution de velours qui a renversé le communisme dans l’ancienne Tchécoslovaquie. Des dizaines de milliers de Tchèques se sont rassemblés, mardi 10 décembre 2019 dans le centre de Prague, pour demander la démission du Premier ministre milliardaire populiste, Andrej Babis, accusé de fraude sur les subventions européennes et de conflit d’intérêts. La manifestation s’est tenue une semaine après la réouverture d’une enquête visant cet homme politique de 65 ans, abandonnée depuis septembre. Selon la police, jusqu’à 50.000 personnes ont participé au rassemblement sur la place Wenceslas, organisé par le mouvement “Un million d’instants pour la démocratie”. Deux imposantes manifestations appelant à la démission de M. Babis, en juin et novembre, avaient réuni environ un quart de millions de personnes chacune, ce qui en avait fait les plus importants rassemblements depuis la chute du communisme dans ce pays en 1989.

Rojava : Situation inverse au Rojava situé au nord-est de la Syrie. Là, c’est un territoire qui subit une guerre. Mais comment ne pas en parler alors que les promesses démocratiques et progressistes de cette région autonome sont grandes. Depuis le 9 octobre, la Turquie bombarde tous les peuples situés au sud de sa frontière. On parle même de génocide, de nettoyage ethnique. Alors que le Rojava expérimente une démocratie directe et que ses habitants ont donné des milliers de vies pour vaincre Daech, les États occidentaux ont préféré lui tourner le dos. La situation est si désespérée pour les Kurdes, qu’ils ont accepté par le biais du YPG (unité de défense armée) un marché avec le boucher Bachar Al Assad pour se défendre contre l’invasion turque, préférant le “compromis plutôt que le génocide.”

Royaume-Uni : Crise du Brexit (British Exit from the European Union) entamée à la suite du référendum du 23 juin 2016 qui a vu la victoire du camp désirant quitter l’UE à 51,9%. Il se réfère aujourd’hui à l’accord et/ou à l’absence d’accord sur l’accord de retrait négocié avec la procédure de retrait entamée le 29 mars 2017 par la notification de l’article 50 du traité sur l’Union européenne, qui sans délai supplémentaire, aboutirait à un retrait effectif deux ans plus tard, le 29 mars 2019, date prorogée à de multiples reprises, et actuellement fixée au 31 octobre 2019 en cas d’accord ou de no deal, avec en cas d’accord une obligation légale de demander que le Brexit ait lieu le 31 janvier 2020, selon le Letwin amendement voté par 322 voix contre 306, ou à une autre date en cas d’absence d’accord selon une autre loi britannique. Un Brexit entraînerait d’autres pays européens à quitter l’UE !

Soudan : commencées fin décembre 2018, les protestations dénonçaient le coût de la vie trop chère. Peu de politiques et de médias ont évoqué “le fait que pour la première fois, il s’agissait d’un mouvement civil qui refuse la charia et qui rejette en bloc les idéologies islamistes qui ont fait tant de mal à la région” (Hind Meddeb). En mai, une vidéo qui liait les révoltes entamées en Algérie, Soudan et Hong Kong, un manifestant soudanais interviewé disait. “On veut des changements, et on veut que ces changements viennent de la base”. Aussi nous avions constaté qu’une femme charismatique était devenue un symbole de la lutte et enflammait son auditoire par des chants révolutionnaires. Alors que la population poussait pour établir une constitution démocratique, la révolution soudanaise a été volée par les militaires qui ont exercé des attaques barbares au courant du mois de juin. Depuis un mouvement de transition est en place et s’assit complètement sur les revendications. Des massacres sont même revendiqués par des militaires.

Tunisie : En référence à la couleur de leur drapeau, un groupe de Tunisiens a appelé le 14 décembre 2018 à une mobilisation de “gilets rouges” pour réclamer “une vie digne pour les retraités, une véritable stratégie pour l’emploi, une augmentation du SMIC à 600 dinars (178 euros contre 450 dinars actuellement) et une diminution des prix de première nécessité”.

Uruguay : Des scènes d’environ 55.000 personnes marchant dans Montevideo le 22 octobre 2019 ont amené certains à demander si le pays allait devenir le dernier exemple d’agitation sociale en Amérique latine, à la suite de manifestations massives en Bolivie, au Chili, en Équateur et en Haïti. Alors que les citoyens de la région protestaient contre leurs gouvernements, ceux de l’Uruguay s’opposaient à une proposition de réforme de la sécurité. Les marcheurs étaient descendus dans les rues pour s’opposer à une réforme constitutionnelle qui sera votée lorsque l’Uruguay votera pour un nouveau président le 27 octobre 2019. La réforme modifierait les politiques de sécurité du pays après des années de montée de la criminalité. Le changement proposé le plus controversé est la création d’une garde nationale composée de soldats qui assisterait la police en matière de sécurité publique. La réforme rendrait également certaines peines de prison plus sévères et légaliserait les descentes de nuit, qui sont actuellement illégales.

Venezuela : En février 2018, Maduro a appelé à l’élection présidentielle quatre mois avant la date prescrite. Il a été déclaré vainqueur en mai 2018 après l’interdiction de participer à plusieurs grands partis d’opposition, entre autres irrégularités. Beaucoup ont dit que les élections n’étaient pas valides.La crise présidentielle vénézuélienne de 2019 a pris son essor lorsque l’Assemblée nationale a déclaré que les résultats de l’élection présidentielle de mai 2018 étaient invalides et a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Juan Guaidó, président par intérim, en invoquant plusieurs clauses de la Constitution vénézuélienne de 1999.

source originale  Le monde veut la chute du régime, 20 octobre 2019, complétée avec des références manquantes

Sylvie FOURCADE

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